Le ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, accompagné du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a conduit une importante délégation à Ouagadougou. Face à eux, le ministre burkinabè de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, et ses équipes.
Autour de la table, les principaux acteurs économiques des deux pays : les PDG de Sonatrach, Naftal et GICA côté algérien, et les responsables des sociétés nationales burkinabè SONABHY et SONABEL. Une présence de haut niveau qui traduit la volonté politique commune de donner un contenu concret et ambitieux aux relations entre Alger et Ouagadougou.
Cette rencontre s’inscrit dans la droite ligne des orientations du président Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de la consolidation des partenariats africains et de la coopération Sud-Sud une priorité stratégique.
Hydrocarbures : sécuriser l’approvisionnement et transférer le savoir-faire
Les discussions ont permis d’avancer sur plusieurs dossiers structurants. Dans le secteur des hydrocarbures, l’accent a été mis sur l’approvisionnement du Burkina Faso en produits pétroliers raffinés. Sonatrach et la SONABHY ont exploré les moyens d’optimiser les chaînes logistiques et de renforcer les capacités de stockage et de distribution.
L’Algérie a proposé un appui technique de taille : la création d’un centre d’emplissage de bouteilles de gaz butane, avec fourniture des équipements nécessaires. L’objectif est clair : permettre au Burkina de mieux maîtriser sa distribution de GPL et de propane, tout en bénéficiant de l’expertise algérienne éprouvée. Mohamed Arkab a insisté sur la disponibilité de l’Algérie à accompagner son partenaire sur l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris dans les dimensions organisationnelles et institutionnelles. Le transfert de compétences et la formation des cadres burkinabè figurent parmi les priorités affichées.
Électricité:Sonelgaz aux côtés de la SONABEL
Dans le domaine électrique, les discussions ont porté sur le développement de la coopération entre Sonelgaz et la SONABEL. Plusieurs axes ont été identifiés : l’augmentation des capacités de production, le renforcement des réseaux de transport et de distribution, la maintenance des infrastructures, ou encore l’accompagnement des projets d’électrification rurale.
Les énergies renouvelables ont également été au cœur des échanges, avec la volonté commune de développer des projets structurants dans ce secteur porteur. Mourad Adjal a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à mettre son expertise technique et d’ingénierie au service du partenaire burkinabè.
Mines et industrie : valoriser Les ressources locales
Le volet minier n’a pas été en reste. Les deux parties ont exploré les pistes de coopération pour une meilleure exploitation et transformation des ressources minières. L’objectif : créer davantage de valeur ajoutée localement et soutenir le développement économique des deux pays grâce à l’échange d’expériences et le transfert de compétences. Sur le plan industriel, une attention particulière a été portée au secteur cimentier. L’Algérie s’est dite prête à accompagner le Burkina Faso, soit par des solutions rapides d’approvisionnement en ciment et clinker, soit par la réalisation de projets structurants à moyen terme pour développer l’industrie cimentière burkinabè. Le groupe GICA, leader algérien du secteur, est en première ligne sur ce dossier. Au-delà des infrastructures et des flux matériels, les deux délégations ont accordé une place centrale à la formation. Les instituts spécialisés algériens se sont déclarés prêts à accueillir des cadres et techniciens burkinabè dans des programmes dédiés.
L’ambition affichée est claire : contribuer durablement au renforcement des compétences nationales et des capacités institutionnelles du Burkina Faso, pour que le partenariat ne se limite pas à une relation fournisseur-client, mais devienne un véritable transfert de savoir-faire.
Vers un partenariat durable et suivi
Au terme de ces entretiens nourris, les deux parties ont convenu de mettre en place des mécanismes conjoints de suivi. L’objectif : garantir la concrétisation effective des projets identifiés et inscrire cette coopération dans la durée. Cette visite marque une étape significative dans le renforcement des relations algéro-burkinabè. Elle traduit une volonté politique partagée d’ériger un partenariat énergétique, minier et industriel durable, au service des intérêts des deux peuples et du dynamisme de la coopération africaine.
Samira.G.

