La pierre ancienne de Miliana a retrouvé son éclat et sa voix. Lors d’une visite chargée de symboles, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a célébré mardi dernier la consécration de la vieille ville par l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO).
Classée au registre du patrimoine architectural et urbanistique arabe, Miliana n’est plus seulement un joyau algérien, mais désormais un trésor de la civilisation arabe tout entière.
Devant les murs séculaires et les ruelles empreintes d’histoire, la ministre a qualifié cette reconnaissance de bien plus qu’un label : «C’est l’œil du monde arabe qui se pose et reconnaît, enfin, l’âme profonde de Miliana. Sa pierre raconte une épopée ; son tracé urbain est un poème géométrique où se mêlent les strates de notre identité.»
L’instant solennel a pris forme à Dar El Amir, siège du Califat de l’émir Abdelkader, où l’emblème officiel de l’ALECSO a été remis aux autorités locales.
Dans ce lieu chargé du souffle de la résistance et de la pensée, la ministre a souligné que l’inscription n’est «pas un aboutissement, mais un commencement.
Le défi désormais est d’insuffler une vie nouvelle à cette mémoire minérale, par des projets qui soient à la hauteur de son génie lieu.»
Cette ambition de renaissance culturelle s’est incarnée dans l’inauguration du Musée National de Miliana, présenté comme «un sanctuaire pour la mémoire nationale».
Mme Bendouda a salué avec émotion la contribution des habitants eux-mêmes, qui ont enrichi ses collections de manuscrits précieux et d’artéfacts archéologiques.
«Chaque pièce offerte par un citoyen est un acte de transmission, un témoignage vibrant d’un peuple qui se reconnaît gardien de son héritage», a-t-elle affirmé.
Le parcours ministériel s’est transformé en pèlerinage à travers les âges : visite du mausolée de Sidi Ahmed Benyoucef, havre de spiritualité ; inspection du projet de réhabilitation du rempart romain, cicatrice monumentale de l’Antiquité ; et inauguration de lieux de vie culturelle revitalisés.
Dans un geste fort, la salle de cinéma de Khemis Miliana a été baptisée du nom de l’artiste Biyouna, Baya-Bouzar, tandis que la salle de spectacles Mohamed-Boudiaf et la Maison de la Culture émir-Abdelkader ont rouvert leurs portes après d’importants travaux. «Ces murs restaurés ne sont pas de simples bâtiments», a déclaré la ministre.
«Ce sont des écrins pour l’âme créative de notre jeunesse, des foyers où la flamme de l’art algérien continuera de briller.» Ainsi, de la pierre romaine au souvenir de l’émir, du patrimoine sacré à la création contemporaine, cette journée a dessiné les contours d’une politique culturelle ambitieuse : celle qui ancre l’avenir dans la profondeur de la mémoire.
Miliana, désormais inscrite au firmament du patrimoine arabe, se dresse en phare — rappelant que la plus grande force d’une nation réside dans sa capacité à honorer son passé pour inspirer son futur.
Amina S.
Miliana, éternelle:Une cité sacrée d’Algérie inscrite au panthéon du patrimoine arabe

