Maroc: L’AMDH dénonce une vague de procès contre la jeunesse militante

Les dizaines de jeunes membres du mouvement GenZ 212, né en septembre 2025 pour porter des revendications sociales telles que l’accès à des soins de santé de qualité, une éducation digne et la lutte contre la corruption, ont comparu cette semaine devant la Cour d’appel de Rabat.
Dans un communiqué alarmant, l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) a vigoureusement dénoncé ces audiences, qu’elle estime contraires aux standards d’un procès équitable et aux engagements internationaux souscrits par le pays.
Selon l’ONG, plus de 120 jeunes, dont des mineurs, se sont présentés devant la cour en liberté provisoire, tandis qu’une vingtaine d’autres croupissent en détention sans jugement, parfois depuis plusieurs mois — une situation qualifiée de violation flagrante du droit à la liberté et à un procès dans un délai raisonnable.
L’AMDH reproche aux autorités de privilégier une logique judiciaire répressive plutôt que d’ouvrir des enquêtes indépendantes sur les conditions des arrestations.
«Cette approche porte gravement atteinte au principe de responsabilité et entretient un climat d’impunité», affirme-t-elle. L’organisation souligne également les lourdes conséquences sociales de ces poursuites : familles déstabilisées, souffrances psychologiques profondes et absence de toute mesure de protection ou de réparation pour les victimes. En conclusion, l’AMDH rappelle que «la répression ne saurait constituer une réponse aux revendications sociales et légitimes de la jeunesse marocaine».
Elle exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus, l’arrêt des procès iniques, l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les pratiques d’arrestation. Ce dossier met en lumière les tensions persistantes entre les aspirations démocratiques de la jeunesse marocaine et les mécanismes judiciaires utilisés, selon les défenseurs des droits, pour étouffer toute voix dissidente n
M. M.