L’ONU annonce une réunion d’urgence ce mardi: Vers un sursaut arabe au Conseil des droits de l’Homme ?

Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies tiendra mardi une session d’urgence pour examiner l’agression militaire israélienne contre le Qatar, survenue le 9 septembre à Doha. Cette attaque, qui visait des responsables du Hamas réfugiés dans un complexe résidentiel, a provoqué la mort de cinq membres du mouvement palestinien et d’un agent des forces de sécurité qataries.
Elle intervient dans un contexte explosif, où le Qatar joue un rôle central de médiateur dans les négociations de cessez-le-feu dans la bande de Ghaza. Cette réunion exceptionnelle, la dixième du genre depuis la création du Conseil en 2006, a été convoquée à la demande du Pakistan, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), et du Koweït, représentant le Conseil de coopération des États arabes du Golfe. Elle marque un tournant diplomatique : pour la première fois, une attaque directe contre un État arabe médiateur est portée devant l’instance onusienne des droits humains.

Un acte qui dépasse le Qatar : une atteinte à la souveraineté arabe
L’agression israélienne contre Doha ne peut être lue comme une simple opération ciblée. Elle constitue une violation manifeste du droit international et une atteinte à la souveraineté d’un État tiers engagé dans la recherche de paix. En frappant le territoire qatari, Israël élargit le théâtre du conflit et met en péril les efforts de médiation régionaux, tout en exposant les États du Golfe à une logique de représailles et de déstabilisation.
Les monarchies arabes, longtemps prudentes dans leur positionnement diplomatique, ont cette fois exprimé une condamnation ferme. Cette réaction unanime pourrait ouvrir la voie à une redéfinition du rôle des pays arabes dans la défense des droits des Palestiniens et dans la protection de leurs propres intérêts stratégiques.

Ghaza, toujours au cœur : entre effacement diplomatique et urgence humanitaire
Alors que la bande de Ghaza subit depuis octobre 2023 une offensive dévastatrice ayant déplacé plus de deux millions de personnes, l’attaque contre le Qatar vient rappeler que la guerre ne se limite plus aux frontières palestiniennes. Elle s’étend désormais aux acteurs régionaux qui tentent de préserver un minimum de dialogue. La réunion du Conseil des droits de l’Homme pourrait ainsi devenir un moment de bascule : non seulement pour condamner l’agression israélienne, mais aussi pour relancer une dynamique arabe unifiée autour de Ghaza, de la souveraineté régionale et du droit international .
Sabrina G.