Les travaux de la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), se sont poursuivis,
hier pour le troisième jour, au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal et au Palais des expositions (Pins maritimes), à Alger. Une grande affluence des visiteurs est observée notamment à la safex, pour cet événement exceptionnel aux multiples objectifs.
Cette foire est une opportunité unique pour le continent africain de se projeter dans un avenir meilleur, sortir de sa marginalisation et retrouver sa place parmi les autres continents. Après la randiose cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée jeudi au Centre international des conférences, plusieurs autres événements ont été organisés, dont la Journée des diasporas africaines, le Sommet des agences africaines de promotion de l’investissement, ainsi qu’une table ronde ministérielle intitulée «Le commerce intra-africain : de la vision à la réalité». L’évènement à connu le lancement du Forum du commerce et de l’investissement en Afrique (du 5 au 7 septembre), du Salon africain de l’automobile (5-10 septembre), ainsi que du CANEX (African Creative Nexus) (5-10 septembre). Plus de 2 000 entreprises d’Afrique et d’ailleurs, dont près de 200 entreprises algériennes, et des délégations représentant 140 pays participent à cette 4e édition de l’IATF. Quelque 35 000 visiteurs professionnels sont également attendus à cet événement qui devrait déboucher sur la conclusion d’accords commerciaux et d’investissement d’une valeur de plus de 44 milliards de dollars.
Une véritable opportunité pour l’Afrique.
Dans son discours d’ouverture de la IATF 2025, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a posé un diagnostic sur la situation en Afrique, posant les conditions de son décollage et relevant les efforts de l’Algérie pour se faire.
Le chef de l’Etat a soutenu que «du chemin reste à
parcourir pour réparer les injustices historiques envers l’Afrique et permettre au continent de prendre la place qui lui sied dans l’économie mondiale». Il a exhorté les pays africains à «fédérer leurs efforts pour permettre au continent de contribuer à la décision économique internationale et de sortir de la marginalisation».
Il a, à ce propos, cité les faibles parts que détient l’Afrique dans les institutions internationales, rappelant que sa part dans les droits de vote au Fonds Monétaire International (FMI) n’excède pas 6,5%, la plus faible au sein de cette organisation, tandis que sa part à la Banque mondiale ne dépasse pas 11%.
Même constat concernant la part de l’Afrique dans le commerce mondial, a-t-il dit, précisant qu’elle ne dépasse guère les 3%, «ce qui est insignifiant par rapport aux ressources dont elle dispose et qui représentent 30% des ressources naturelles mondiales, en sus d’une population de plus de 1,5 milliard, qui en fait un immense marché émergent». Le président de la République a rappelé, dans la foulée, que la part de l’Afrique dans le flux des investissements mondiaux ne dépasse pas les 94 milliards de dollars par an (moins de 6% du flux total), soit «la plus faible part au monde».
De plus, le commerce intra-africain «reste limité à 15%» contre 60% pour les échanges intra-européens, une situation qui «prive nos économies d’importantes opportunités de croissance et de création de millions d’emplois pour nos jeunes», a estimé le président de la République. Il a évoqué le e profond manque en infrastructures de transport, d’énergie, de communication et de financement dont souffre le continent africain. C’est dans ce contexte qu’il a cité les efforts de l’Algérie pour pallier ces insuffisances et contribuer à relever le défi au profit des générations actuelles et futures. Il a énuméré plusieurs mégaprojets structurants, en tête desquels la route transsaharienne, le gazoduc reliant l’Algérie et le Nigeria, qui garantira l’énergie à plusieurs pays, le projet de dorsale transsaharienne à fibre optique qui renforce la souveraineté numérique, la ligne ferroviaire vers le Mali en passant par Adrar et la ligne ferroviaire vers le Niger en passant par Tamanrasset, en plus du lancement de liaisons aériennes et maritimes entre les capitales africaines, l’ouverture de succursales de banques algériennes dans différents pays africains et bien d’autres projets.
Le président de la République a aussi souligné la contribution de l’Algérie à la mise en place des fondements du commerce intra-africain, notamment à travers la création de cinq zones franches avec les pays frères du Maghreb et de la région sahélo-saharienne.
Réaffirmant la dimension solidaire prônée par l’Algérie à l’égard des autres pays du continent, il a souligné que «l’Algérie est fière d’avoir contribué, depuis son indépendance, à la formation de pas moins de 65 000 cadres africains, convaincue de l’importance d’œuvrer au développement du continent».
Et de préciser que l’Algérie «octroie annuellement 8 000 bourses d’études aux frères africains, leur permettant d’accéder aux universités, aux instituts et aux pôles d’excellence dans les domaines des mathématiques, de la robotique, des nanotechnologies et de l’intelligence artificielle». Toujours dans le cadre des efforts nationaux en faveur du continent, l’orateur a rappelé que l’Algérie a récemment effacé les dettes de 14 pays africains d’une valeur de 1,5 milliard de dollars, ce qui illustre l’orientation africaine de l’Algérie. «L’avenir de l’Afrique, auquel l’Algérie croit, repose sur la capacité collective de ses pays à mettre en place une infrastructure intégrée», a-t-il affirmé
Fateh H.
Les travaux de l’IATF se poursuivent à Alger: Redonner sa place à l’Afrique

