Une étude indépendante majeure, publiée mercredi dans la prestigieuse revue The Lancet Global Health, établit que le bilan humain de l’agression sioniste en cours contre la bande de Gaza est largement sous-évalué. Première enquête de terrain menée en dehors du cadre des autorités locales, ses conclusions sont alarmantes. Selon les chercheurs, le ministère de la Santé de Gaza, bien que constituant une source de référence, a omis une part substantielle des pertes humaines en raison du chaos ambiant. L’étude estime que la sous-évaluation du nombre de morts violentes atteint environ 35 %, et pourrait grimper à 40 % si l’on intègre la mortalité indirecte.
Les causes de ces lacunes sont multiples : difficultés à retrouver et identifier les corps sous les décombres, absence de déclaration lorsque des familles entières sont anéanties, et effondrement des infrastructures administratives.
Malgré cette révision à la hausse, l’étude corrobore les données antérieures concernant la proportion de victimes vulnérables. Les femmes, les enfants de moins de 18 ans et les personnes âgées de plus de 64 ans représentent 56,2 % des décès directs, soit plus de 42 200 vies fauchées.
Par ailleurs, l’impact sur la structure démographique de l’enclave est catastrophique. Deux autres analyses, parues en janvier 2025 dans The Lancet et en octobre 2025 dans Population Health Metrics, font état d’un effondrement sans précédent de l’espérance de vie à Gaza, qui a chuté de 35 ans depuis le début
du conflit. Le décompte macabre ne s’arrête pas aux seuls corps identifiés. Plusieurs milliers de Palestiniens sont toujours portés disparus, ensevelis sous les graviers et les bâtiments effondrés, ce qui retarde leur comptabilisation dans le bilan officiel.
À cela s’ajoute la dimension la plus sombre du conflit : la mortalité indirecte. Les spécialistes en épidémiologie des conflits rappellent que les décès causés par la destruction du système de santé, la malnutrition, la famine, le manque d’eau potable et les épidémies sont, selon les contextes, trois à quinze fois plus nombreux que les décès directs.
Dès juillet 2024, une correspondance dans The Lancet alertait sur ce point, proposant une estimation basse de 186 000 morts réels à Gaza (sur la base de 4 décès indirects pour 1 décès direct), alors que le bilan officiel à cette époque frisait à peine les 38 000. Ces chiffres, déjà effroyables, sont malheure appelés à s’aggraver. L’entité sioniste poursuit son agression en violation flagrante et répétée des accords de cessez-le-feu, tuant plus de 600 Palestiniens supplémentaires depuis l’entrée en vigueur théorique de la trêve. Chaque jour qui passe ajoute des victimes à un bilan que la communauté scientifique s’accorde désormais à juger très largement sous-estimé.
Malik.M.
Le vrai bilan serait 40 % plus élevé: Ghaza : L’effroyable sous-estimation des morts de guerre

