Et si une chance pour la paix durable se présentait enfin pour le conflit sur le Sahara occidental ? C’est en effet l’espoir que porte une nouvelle proposition du Front Polisario, présentée au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
Cette proposition dite «élargie» pour une solution politique mutuellement acceptable, prévoie l’autodétermination du peuple sahraoui, loin du statu-quo et des solutions imposées, et exprime la volonté du Front Polisario à avancer sur ce dossier vers une solution durable qui garantisse l’établissement de relations avec le voisin marocain dans l’intérêt des deux peuples.
Selon un communiqué du Front, C’est le président de la République sahraouie (RASD), Brahim Ghali, qui a adressé lundi «une lettre» au Secrétaire général des Nations Unies, sous l’intitulé «Proposition du Front Polisario pour une solution politique mutuellement acceptable prévoyant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et le rétablissement de la paix et de la stabilité régionales».
Cette démarche qui constitue une lueur d’espoir puisqu’elle provient de la partie victime du conflit, en attendant de connaître les détails de son contenu, intervient au moment où les grandes puissances s’impliquent davantage.
Les états-Unis, la Russie entre autres, souhaitent un règlement très rapide de ce dossier, alors que le Conseil de sécurité s’apprête à examiner le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Pour le Front Polisario, il s’agit d’un «signe de bonne volonté et en réponse aux résolutions du Conseil de sécurité», notamment la résolution 2756 (2024) qui a, une fois de plus, souligné l’importance pour les deux parties de développer leurs positions afin de progresser vers une solution. «Cette proposition vise à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination par le biais d’un référendum supervisé par les Nations Unies et l’Union africaine (UA), et à exprimer la volonté de l’état sahraoui de négocier avec le Royaume du Maroc en vue de l’établissement de relations stratégiques et mutuellement bénéfiques entre les deux pays», explique Brahim Ghali, dans sa lettre à Guterres, rapporte l’agence de presse sahraouie.
La paix, à quel prix ?
Plus encore, le Front Polisario demeure disposé «à partager les coûts de la paix » avec l’autre partie, si celle-ci en a la volonté politique, en vue de parvenir à une solution juste, pacifique et durable, a-t-il insisté. Une prédisposition à retracer de nouvelles frontières entre les deux pays ?
On en sait pas trop pour le moment, mais en utilisant le mot «coût de la paix», la RASD semble prête à faire quelques concessions, à l’exception bien évidemment du droit des Sahraouis à l’autodétermination.
Pour que cette nouvelle proposition trouve son chemin de réussite, il doit y avoir «une réelle volonté politique de s’éloigner du statu quo et des solutions imposées unilatéralement, ainsi que le courage politique et la clairvoyance nécessaires pour œuvrer ensemble à une paix globale et durable, et à la construction d’un avenir commun fondé sur le respect mutuel, le bon voisinage et la coopération», soutient le président sahraoui qui réitère par la même occasion la volonté du Front Polisario «d’engager des négociations directes et sérieuses avec le Royaume du Maroc» .
Farid B.
Le Front Polisario présente une proposition dite «élargie» pour mettre fin au conflit: Sahara occidental : une chance pour la paix

