L’Algérie appelée à jouer un rôle stratégique dans la défense collective régionale: Vers une force arabe conjointe ?

Ala veille du sommet arabo-islamique prévu à Doha, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi relance l’idée d’une «force arabe conjointe», inspirée du modèle de l’OTAN, destinée à intervenir en cas d’agression contre un État membre de la Ligue arabe. Cette initiative, réactivée dans le contexte de la guerre à Ghaza et du recul diplomatique du Caire vis-à-vis de l’occupation israélienne, vise à instaurer un mécanisme de défense collective arabe fondé sur la solidarité, la souveraineté et la sécurité régionale.
Selon des sources proches du dossier, l’Égypte mise sur un large consensus au sommet de Doha pour faire avancer ce projet, initialement proposé il y a près de neuf ans. Des obstacles techniques subsistent, notamment sur les modalités d’intervention, le mécanisme d’activation et la répartition des contributions militaires. Le Caire propose une structuration fondée sur la démographie et la puissance militaire des États participants, avec une force dirigée par le chef d’état-major égyptien et un commandement adjoint confié à l’Arabie saoudite.
Dans ce schéma, l’Algérie apparaît comme un acteur incontournable. Forte de son armée nationale populaire, de son expérience diplomatique et de son attachement aux principes de non-ingérence et de souveraineté, l’Algérie est appelée à jouer un rôle stratégique dans la définition des équilibres régionaux et dans la composition de cette force. Son engagement potentiel serait déterminant pour garantir la crédibilité, l’indépendance et l’efficacité de cette coalition. Les consultations en cours entre les capitales arabes, notamment entre Alger, Le Caire et Riyad, visent à établir un cadre de coopération qui respecte les sensibilités politiques et les priorités sécuritaires de chaque pays.
Des diplomates impliqués dans l’élaboration du projet insistent sur la nécessité de dissocier cette initiative d’une logique de confrontation directe avec l’entité sioniste, afin d’éviter toute instrumentalisation ou escalade incontrôlée. Pour l’Algérie, cette proposition représente une opportunité de renforcer son rôle régional, de promouvoir une architecture de sécurité arabe fondée sur la légalité internationale et de contribuer à la stabilité du monde arabe. Elle s’inscrit dans une vision de défense partagée, où les ressources militaires, diplomatiques et stratégiques sont mises au service de la paix, de la souveraineté et du développement des peuples arabes .
Khemissi M.