La reconnaissance de la vérité historique n’est pas une évocation sélective du passé, mais un devoir moral et juridique.» C’est par ces mots puissants que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé, ce dimanche 15 février 2026, l’engagement indéfectible de l’Algérie à faire reconnaître la nature criminelle du colonialisme.
S’exprimant depuis Addis-Abeba lors du 39e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union Africaine (UA), le chef de l’État a lancé un appel vibrant à la communauté internationale pour qu’elle admette, de manière claire et sans équivoque, le caractère abject de l’esclavage, de la déportation et des pratiques coloniales.
Ce sommet restera dans les annales comme le théâtre d’une avancée historique pour le continent. L’Union Africaine a en effet officiellement adopté la «Déclaration d’Alger sur les crimes coloniaux en Afrique». Ce texte fondateur est l’aboutissement de mois de travaux préparatoires intenses, menés notamment lors de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux, qui s’est tenue à Alger du 30 novembre au 1er décembre 2025.
Lors de cette conférence préparatoire, sur proposition de l’Algérie, une autre décision majeure avait été entérinée, consacrant la mémoire collective du continent : le 30 novembre a été proclamé «Journée africaine d’hommage aux victimes de la traite transatlantique, du colonialisme et de l’apartheid». Le choix unanime de cette date est hautement symbolique. Elle fait écho, dans de nombreux pays africains, à des moments clés de la résistance contre les puissances coloniales et aux grands mouvements panafricains.
L’adoption de cette journée commune dépasse le simple symbole. Elle vise à unifier la mémoire africaine, souvent fragmentée par l’histoire, et à créer un moment continental de recueillement et de transmission. Il s’agit d’honorer la dignité de millions de victimes et de graver leur histoire dans la conscience des jeunes générations.
Ainsi, le 30 novembre devient une pierre angulaire dans le processus de l’UA pour la reconnaissance officielle des crimes coloniaux en Afrique. Cette dynamique ouvre la voie à la promotion d’une justice réparatrice et à la consolidation de l’unité africaine, désormais solidement ancrée dans une mémoire partagée et assumée. Par cette démarche unie, l’Afrique se dote d’un outil puissant pour renforcer le dialogue avec les organisations internationales et faire avancer, sur la scène mondiale, la cause de la vérité historique et de la justice pour tous ses enfants.
Malik M.
L’Afrique unifie sa mémoire:30 novembre, jour de recueillement continental

