Intégration régionale: L’appel stratégique du FMI depuis Alger

Lors d’une conférence de haut niveau co-organisée à Alger par la Banque d’Algérie et le Fonds monétaire international (FMI), la directrice générale de l’institution, Kristalina Georgieva, a plaidé pour une accélération stratégique de l’intégration économique entre l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Cette rencontre, présidée par le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb, intervient dans un contexte mondial caractérisé par une profonde transformation des flux commerciaux, des chaînes d’approvisionnement et une accélération des transitions énergétique et numérique.
Face à cette reconfiguration géoéconomique et à une incertitude accrue, Mme Georgieva a souligné que la coopération régionale constituait une impérative réponse collective.
Elle a mis en avant la position géostratégique de l’Afrique du Nord, véritable pont continental, et son potentiel considérablement sous-exploité en matière de commerce et d’intégration.
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a été identifiée comme un catalyseur essentiel pour matérialiser ce potentiel, en servant de moteur à l’intégration intra-africaine et en renforçant le poids commercial du continent vis-à-vis de l’Europe.
Le secteur énergétique représente un pilier central de cette vision. La région, dotée d’abondantes ressources fossiles et d’un immense potentiel renouvelable (solaire, éolien), est appelée à jouer un rôle dual : soutenir la sécurité énergétique et la transition verte de l’Europe tout en comblant le déficit d’accès à l’électricité en Afrique.
Les projets algériens hybrides (solaire-gaz), d’interconnexions électriques trans-méditerranéennes et d’hydrogène vert ont été cités en modèles de cette dynamique.
Pour concrétiser cette intégration, la directrice du FMI a appelé à des investissements structurants dans des pôles de production régionaux et des infrastructures critiques.
Le développement de corridors ferroviaires et autoroutiers transfrontaliers, la modernisation des ports et des systèmes douaniers, ainsi que le déploiement de plateformes de connectivité numérique sont présentés comme les fondations nécessaires pour améliorer la logistique, réaliser des économies d’échelle et renforcer la compétitivité globale.
Cet impératif de connectivité physique et numérique s’accompagne d’un appel à réduire les barrières commerciales non tarifaires. Les échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, actuellement marginaux (4% des exportations et 1% des importations de la région), doivent être significativement intensifiés.
Cet objectif nécessite en parallèle une amélioration de l’environnement des affaires, une gouvernance renforcée et des réformes économiques ciblées pour attirer les investissements et libérer les flux commerciaux. En résumé, le discours prononcé à Alger esquisse une feuille de route économique où l’Afrique du Nord, en s’appuyant sur ses atouts énergétiques et sa position géographique, se muerait en hub logistique et industriel intégré, connectant les marchés européens et africains dans un contexte de reconfiguration globale des chaînes de valeur.
Samira.A.