Le président tunisien Kais Saïed a reçu ce lundi 21 avril 2025 le ministre de la Défense Khaled Sehili pour un compte-rendu crucial sur les discussions tuniso-italiennes à Rome. Au cœur des échanges : une ferme position contre l’immigration irrégulière. « La Tunisie ne sera jamais un territoire de transit ou de sédentarisation pour les migrants », a martelé le chef de l’État, exigeant des mesures concrètes pour stopper les flux migratoires illégaux.
Dans une déclaration sans ambages, Saïed a pointé du doigt les réseaux criminels transnationaux, dénonçant avec virulence leur double trafic – êtres humains et organes. « Ces mafias transforment la Méditerranée en cimetière et la Tunisie en plaque tournante. Cela doit cesser », a-t-il lancé, appelant Rome et les autres capitales européennes à une mobilisation urgente. Son exigence est claire : des moyens accrus pour rapatrier les migrants dans leurs pays d’origine avec des garanties de dignité. Ce durcissement s’accompagne d’un renforcement militaire visible.
Le président a salué les récentes réalisations du génie militaire, preuve selon lui de la capacité tunisienne à sécuriser ses frontières. Un message fort à destination des partenaires italiens : la Tunisie entend être un rempart, mais refuse de porter seule le fardeau migratoire de la région.
Alors que les arrivées clandestines en Italie repartent à la hausse, ce sommet militaire marque un tournant. Cette prise de position intervient alors que l’Italie connaît une nouvelle augmentation des arrivées irrégulières sur ses côtes. Les autorités tunisiennes entendent ainsi rappeler que sans une approche régionale globale et des investissements substantiels dans le développement des pays d’origine, les solutions purement sécuritaires resteront limitées dans leur efficacité. Le Président a par ailleurs salué les récentes réalisations de l’armée tunisienne dans la sécurisation des frontières, tout en appelant à un renforcement des capacités techniques et humaines des forces de sécurité.
Cette dimension nationale reste cruciale dans l’approche tunisienne, qui combine fermeté contre l’immigration irrégulière et appel à une solidarité méditerranéenne plus équilibrée. Alors que de nouvelles réunions techniques sont prévues dans les prochaines semaines entre Tunis, Rome et Bruxelles, cette déclaration du Président Saïed marque sans doute un tournant dans le positionnement tunisien sur la question migratoire, avec une exigence accrue de réciprocité dans les efforts et les engagements.
Fateh H.
immigration irrégulière : Kais Saïed durcit le ton et exige une action commune

