Ghaza: Quand le feu devient le dernier «compagnon» des déplacés palestiniens

Dans l’enfer quotidien que subit Ghaza depuis des mois, une nouvelle menace, aussi silencieuse que dévastatrice, s’ajoute au martyre des familles palestiniennes : le feu. Ce vendredi, les humanitaires de l’ONU ont tiré la sonnette d’alarme sur un drame qui se joue dans l’ombre des bombardements, dans ces camps de fortune où des milliers de déplacés tentent désespérément de survivre.
L’Office de coordination des affaires humanitaires (OCHA) révèle une réalité glaçante : des familles entières, chassées de leurs foyers par l’agression sioniste, s’entassent dans des espaces si exigus qu’ils en deviennent des pièges mortels.
Dans ces abris de fortune, on cuisine, on dort, on stocke ses derniers biens, dans une promiscuité qui transforme chaque geste du quotidien en danger de mort. Le feu, utilisé pour préparer l’unique repas de la journée ou pour tenter de lutter contre le froid, devient un voisin dangereux, rôdant constamment entre les tentes fragiles.
Depuis novembre 2025, les partenaires humanitaires ont recensé pas moins de 12 incendies dans ces camps. Douze brasiers qui ont achevé ce que les bombes n’avaient pas détruit, dévorant les quelques possessions que ces familles avaient pu arracher aux décombres de leurs maisons.
En seulement dix jours, entre début et mi-février, les organisations humanitaires se sont précipitées pour fournir une aide d’urgence à 85 familles à Deir al-Balah et Khan Younès, dont les abris venaient d’être réduits en cendres par les flammes dans la ville de Ghaza.
Mais au-delà du risque immédiat d’incendie, c’est toute la question de la dignité humaine qui est posée. Ces familles déplacées, déjà dépouillées de tout, réclament désespérément des abris décents pour se protéger des intempéries qui balayent la bande de Ghaza en cet hiver impitoyable. Elles aspirent à un peu d’intimité, à pouvoir fermer les yeux sans craindre que la toile qui les surplombe ne prenne feu, à pouvoir respirer sans inhaler la fumée des feux de camp.
Les partenaires humanitaires crient leur impuissance et réclament des solutions durables.
Mais leur appel se heurte à un mur : celui de l’occupant sioniste qui bloque systématiquement l’acheminement de matériel d’abri plus résistant.
Depuis des mois, les organisations internationales frappent à toutes les portes, demandent des autorisations, multiplient les requêtes pour faire entrer à Ghaza du matériel de construction, des tentes adaptées, de quoi offrir un semblant de sécurité à ces populations martyrisées.
Pendant ce temps, à Ghaza, des mères continuent de cuisiner à même le sol, entre des enfants qui grelottent et des vieillards qui toussent, priant silencieusement pour que le vent n’emporte pas la flamme, pour que le feu reste leur allié contre la faim et non leur bourreau.
La communauté internationale regarde, compte les incendies, dresse des statistiques, pendant que des vies palestiniennes partent en fumée, une à une, dans l’indifférence presque totale.
Malik M.