France télévision: Nouvelle mésaventure médiatique de Benjamin Stora

Historien connu pour ses travaux sur l’histoire de la révolution algérienne, Benjamin Stora a fait
l’objet d’un traquenard médiatique en France. Invité par France Info pour parler du dossier de l’histoire et de la mémoire entre l’Algérie et la France, au moment où le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nunez, était en visite à Alger, l’historien a subi une véritable mésaventure médiatique.
L’animateur a tenté de détourner le débat sur l’histoire en convoquant l’affaire d’un youtubeur. Benjamin Stora ne s’est pas laissé faire et a perdu son calme. «On m’a téléphoné pour me dire : “est-ce que vous voulez venir parler des rapports d’histoire entre la France et l’Algérie, du traumatisme, des mémoires conflictuelles et la façon de se réconcilier avec ce pays ?” Voilà pourquoi je suis venu ce soir, pas pour parler d’un influenceur», a précisé sèchement l’historien. «Je ne suis pas venu parler d’un influenceur», a-t-il insisté. Pour lui, cette tentative de diversion médiatique s’apparente à une «humiliation intellectuelle». Pourtant, des questions fondamentales liées à la mémoire entre les deux pays existent. Stora cite le dossier des essais nucléaires et les disparus de la bataille d’Alger.
Ce n’est pas la première fois que Stora vit une mésaventure médiatique en France, où l’extrême droite utilise tous les moyens pour pousser au pourrissement entre Alger et Paris.
Il a d’ailleurs rappelé le scandale de l’émission «Complément d’Enquête», où son expertise a été balayée et ses analyses de fond ont été réduites à quelques secondes. Sollicité par l’équipe de «Complément d’enquête» pour parler de l’histoire, Stora avait posé une condition symboliquement forte : être filmé au Musée de l’Homme, place du Trocadéro à Paris. Ce lieu abrite les crânes de résistants algériens décapités durant la conquête coloniale au XIXe siècle, une réalité que l’historien souhaitait montrer aux téléspectateurs français. «Je suis resté une matinée entière au Musée de l’Homme pour qu’on puisse montrer précisément les crânes de résistants algériens qui avaient été décapités. Ça, c’est une très grosse affaire», a-t-il souligné. Mais c’était pour rien. «Amir DZ a été plus important que les crânes. Amir DZ a fait 20 minutes par rapport aux crânes», s’est insurgé Stora, dénonçant un «manquement grave à l’éthique journalistique». La mésaventure de Benjamin Stora a fait réagir notamment la député Ryma Hassan, qui a évoqué «la colère saine» de l’historien. «Ça vole trop bas à France Télévision. Le bollorisme s’engouffre davantage dans les rédactions comme un sirroco idéologique, emportant sur son chemin le peu de professionnalisme qui leur restait. Cette séquence du passage de Benjamin Store sur franceinfo est illustrative du niveau de déchéance atteint par ce groupe public qui a visiblement perdu totalement la boussole de l’objectivité et du sérieux», a commenté un journaliste algérien sur les réseaux sociaux. Ces méthodes ne laissent aucun doute quant à la présence et à l’influence de cercles hostiles au retour des relations algéro-françaises à la normale.
Fateh H.