Un séminaire organisé en Cantabrie met en lumière la dégradation de la situation des droits humains dans les territoires sahraouis occupés, tout en dénonçant le black-out médiatique imposé par les autorités marocaines.
La Bibliothèque et l’Espace de culture critique de Cantabrie, dans le nord de l’Espagne, accueilleront demain un séminaire consacré à la situation des droits humains au Sahara occidental sous occupation marocaine, a rapporté l’agence de presse sahraouie SPS. D’après le média espagnol El Faradio, cité par la même source, cette rencontre réunira Ahmed Tanji, militant sahraoui et directeur d’équipe Media, ainsi que le journaliste espagnol Óscar Aland, directeur du quotidien El Faradio.
Les échanges porteront sur l’invisibilité médiatique imposée aux territoires occupés et sur les entraves à la libre circulation de l’information vers l’opinion publique internationale.
Ce séminaire s’inscrit dans la continuité d’une collaboration engagée en 2019, lorsque des membres d’équipe Media s’étaient rendus en Cantabrie pour présenter le documentaire Trois caméras volées.
Ce film explore les stratégies déployées par les journalistes et militants sahraouis pour contourner le blocus médiatique. Il avait marqué le lancement d’un partenariat visant à documenter les violations imputées aux forces d’occupation marocaines.
Les organisateurs devaient initialement se retrouver lors d’une visite prévue de journalistes et militants européens à El Ayoun, afin de recueillir des témoignages directs. Cette mission n’a toutefois pas abouti, la délégation ayant été expulsée par les autorités marocaines à son arrivée.
Cet incident a été interprété par les observateurs comme une illustration de la politique de censure persistante et du refus de tout contrôle indépendant sur place. Dans cette lignée, le séminaire entend examiner les réalités du black-out médiatique, les restrictions imposées aux professionnels des médias, et présenter des données actualisées sur la situation des droits humains, dans un contexte marqué par des atteintes répétées à la liberté d’expression et de réunion. Cette initiative s’inscrit également dans les efforts continus des organisations de solidarité européennes pour maintenir la question du Sahara occidental au cœur des débats médiatiques et citoyens. Il s’agit de briser le silence qui, selon elles, contribue à l’indifférence internationale face aux souffrances des civils sahraouis. Cette rencontre devrait relancer les appels à la levée du blocus médiatique et à l’accès libre des journalistes et observateurs internationaux aux territoires occupés. Un préalable jugé essentiel pour faire éclater la vérité et permettre aux voix sahraouies de se faire entendre à travers le monde. Il est à noter que la journaliste Leonor Suárez, de la télévision publique des Asturies, a récemment réalisé un documentaire intitulé Pas de nouvelles du Sahara, qui explore en profondeur le silence médiatique entourant la région. Ce film met en lumière à la fois la passivité des médias occidentaux et les mécanismes de surveillance et de répression employés par les autorités marocaines contre les journalistes et militants. Présenté dans plusieurs festivals et événements culturels en Cantabrie, il a contribué à dénoncer l’ampleur de la censure et la difficulté d’informer sur les violations dans les territoires sahraouis occupés .
Malik M.
Black-out médiatique au Sahara occidental: La Cantabrie se mobilise pour briser le silence

