Alliance pharmaceutique Algérie-Tunisie:Vers une souveraineté pharmaceutique maghrébine

Lors d’une visite conjointe dans des unités de production pharmaceutique à Alger, les ministres de la Santé tunisien, M. Mustapha Ferjani, et algérien de l’Industrie pharmaceutique, M. Oussim Koudri, ont annoncé une avancée majeure dans la coopération sanitaire entre les deux pays.
Une feuille de route commune a été dévoilée, marquée par une première concrète : l’Algérie s’apprête à exporter vers la Tunisie des matières premières essentielles, notamment pour la fabrication de paracétamol et d’antibiotiques. Cette initiative fait de la Tunisie le premier partenaire à bénéficier des capacités de production algériennes en intrants pharmaceutiques. Elle s’inscrit dans le cadre de la relance d’un protocole d’accord signé lors de la 23e session du Grand Comité Mixte Algéro-Tunisien, tenue à Tunis en décembre dernier. L’objectif est clair : opérationnaliser rapidement la coopération dans la fabrication de médicaments et les échanges d’expertise, pour construire une véritable intégration des filières pharmaceutiques au niveau maghrébin.
Les domaines de collaboration identifiés sont à la fois stratégiques et vitaux. Ils englobent la production de vaccins, d’insuline, de médicaments anticancéreux et d’antibiotiques. Les deux parties prévoient d’élargir progressivement ce partenariat à d’autres spécialités, visant une complémentarité industrielle renforcée. Le ministre tunisien de la Santé a salué le niveau «excellent» atteint par l’industrie pharmaceutique algérienne, soulignant sa proximité avec l’autosuffisance. Il a mis en avant la complémentarité des compétences et des expertises disponibles dans les deux nations.
Cette alliance, selon lui, est le fondement nécessaire pour soutenir une industrie pharmaceutique moderne et souveraine, étape cruciale avant de viser ensemble les marchés africains.
Ce continent, a-t-il rappelé, ne couvre actuellement que 5% de ses besoins en médicaments, représentant un potentiel considérable.
La collaboration s’articule également autour d’une vision partagée des enjeux sanitaires. La similarité des profils épidémiologiques et des prévalences de maladies chroniques en Algérie et en Tunisie justifie la création d’un stock stratégique commun de médicaments. Cette mesure vise à consolider la sécurité pharmaceutique face aux crises et aux ruptures d’approvisionnement mondiales .
S. A.