Ahmed Bey à l’écran: Le cinéma algérien célèbre la résistance du dernier bey de Constantine

Le cinéma algérien poursuit son œuvre de mémoire en portant à l’écran la vie d’Ahmed Bey, dernier souverain du Constantinois, figure héroïque de la résistance à la colonisation française.
La première avant-première du film se tiendra le 16 février au Palais des Congrès – baptisé à son nom – à Constantine, avant une sortie nationale le 20 février à Alger.
Né en 1786 à Constantine, Ahmed Bey incarne la fin de l’autorité ottomane en Algérie. Refusant la soumission après la chute de sa ville en 1837, il choisit la lutte armée et organisa, depuis les montagnes des Aurès, une résistance tenace durant plus d’une décennie, parallèlement à l’action de l’Émir Abdelkader dans l’Ouest.
Contrairement au dey d’Alger, Hussein, qui capitula et partit en exil, Ahmed Bey incarna jusqu’au bout l’honneur et le refus de la domination étrangère. Même après l’écrasement militaire, il ne se soumit jamais, finissant ses jours en résidence surveillée à Alger, où il fut enterré près de Sidi Abderrahmane.
Porté par une équipe de réalisateurs et de comédiens algériens de renom – parmi lesquels Karim Boudechiche, Djamel Aouane, Rym Ghazali et Mohamed Tahar Zaoui –, le film bénéficie également de la participation de l’acteur français Gérard Depardieu. Le scénario, écrit par Rabah Dhrif, et la mise en scène de Djamel Chorgeh reconstituent avec force détails cette épopée méconnue. Pour la productrice Samira Bensouda Hadj Djilani, descendante d’Ahmed Bey, ce projet cinématographique est avant tout un devoir de transmission : « Il s’agit d’immortaliser une page glorieuse de notre histoire, que les jeunes générations doivent connaître. » Cette production s’inscrit dans une dynamique de renouveau du cinéma historique algérien, soutenue par le ministère de la Culture, qui a récemment annoncé le financement de plusieurs nouvelles œuvres mettant en lumière les figures et les combats fondateurs de la nation.
Amina S.