Présidentielle 2028 : les démocrates cherchent leur champion face au camp Trump

Les résultats des midterms ont relancé au sein du Parti démocrate une question qui occupera les mois à venir, celle de savoir qui pourra reprendre la Maison Blanche aux républicains. Le parti veut transformer ses gains électoraux en un projet politique durable. Selon une enquête de Reuters, gouverneurs, sénateurs et anciens candidats multiplient déjà les déplacements, courtisent les donateurs et s’impliquent dans des campagnes locales, notamment dans les États qui comptent d’ordinaire parmi les premiers à départager les prétendants. Kamala Harris, ancienne numéro deux de la Maison Blanche, reste l’une des figures les plus citées malgré sa défaite de 2024 face à Donald Trump. Elle conserve une notoriété nationale et des réseaux solides dans le parti.

Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, s’est quant à lui forgé une stature en s’opposant frontalement au président, et il a intensifié ses visites dans plusieurs États clés des primaires. Son bilan à la tête de la Californie pourrait toutefois le fragiliser, entre coût de la vie élevé, sans abrisme et prix de l’essence.
D’autres gouverneurs avancent leurs pions. Andy Beshear, élu à deux reprises dans le Kentucky, un État acquis aux républicains, mise sur un discours modéré capable de séduire au delà de la base démocrate.
J. B. Pritzker, à la tête de l’Illinois, a gagné en visibilité par ses critiques de l’administration Trump et dispose d’une fortune personnelle qui pourrait financer une grande campagne.

Josh Shapiro, en Pennsylvanie, attire l’attention grâce à sa popularité dans un État pivot de toute élection présidentielle. On cite aussi Gretchen Whitmer pour le Michigan et Wes Moore pour le Maryland, qui n’ont pas fermé la porte à une candidature. Pete Buttigieg, ancien ministre des Transports et ex-candidat aux primaires, pourrait s’appuyer sur son expérience et son aisance médiatique pour revenir dans la course. Sur l’aile gauche, Alexandria Ocasio-Cortez porte une ligne favorable à l’extension des programmes sociaux, à plus de justice économique et à une fiscalité alourdie pour les plus riches.
Ro Khanna, lui aussi rattaché au courant progressiste, est également mentionné, alors que le parti continue de débattre entre un recentrage et un virage plus à gauche.

Le Sénat fournit lui aussi des noms, comme Mark Kelly, élu de l’Arizona au passé militaire et d’astronaute, et Jon Ossoff, élu de Géorgie, jeune figure montante du parti. Rahm Emanuel, ancien maire de Chicago, circule également dans les conversations sur l’avenir du leadership démocrate. Chez les républicains, la compétition paraît moins encombrée. Le vice président J. D. Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio sont présentés comme les héritiers les plus probables de Donald Trump.

Vance doit composer avec son association directe à l’administration en place, d’autant qu’il aurait reconnu que la guerre contre l’Iran a pesé dans la défaite républicaine aux midterms, ce qui pourrait compliquer sa route s’il se lance. Rubio est vu comme une option sérieuse, au même titre que Ron DeSantis, Sarah Huckabee Sanders et Ted Cruz. Même si ce scrutin a renforcé la position des démocrates et rouvert le débat sur l’avenir du camp républicain, la route reste longue. Personne n’a officialisé sa candidature pour la présidentielle de novembre 2028.

Malik M.