La pomme de terre occupe une place centrale dans les habitudes alimentaires des Algériens. Avec une production nationale annuelle estimée entre 4,3 et 4,6 millions de tonnes, l’Algérie figure parmi les principaux producteurs africains de cette denrée, derrière l’Égypte. Elle se distingue également par un niveau de consommation individuelle particulièrement élevé, qui exerce une pression constante sur l’approvisionnement du marché national. Malgré l’importance de la production, la filière reste marquée par des fluctuations saisonnières qui provoquent, chaque année, des tensions sur les prix et la disponibilité du produit.
Cette situation est particulièrement visible en octobre et novembre, durant ce que les professionnels appellent la «période de vide inter-cycle». Elle correspond à la transition entre deux campagnes de récolte, lorsque les stocks issus de la production estivale des Hauts Plateaux et des régions côtières diminuent, tandis que les nouvelles récoltes ne sont pas encore disponibles en quantités suffisantes.
Ce décalage entre les cycles de production entraîne une baisse temporaire de l’offre et accentue la pression sur les marchés.
Les stocks conservés dans les chambres froides permettent alors de maintenir un minimum d’approvisionnement et d’éviter une rupture plus importante. Dans ce contexte, l’agriculture saharienne joue désormais un rôle déterminant dans la régulation du marché. La wilaya d’El Oued, notamment la région du Souf, s’est imposée comme l’un des principaux bassins de production de la pomme de terre hors saison.
Grâce aux conditions climatiques favorables et au développement des techniques culturales, les premières récoltes de la campagne tardive sont attendues à partir de la fin novembre et du début décembre.
L’arrivée de ces nouvelles quantités devrait progressivement améliorer l’approvisionnement du marché
national. Selon les prévisions avancées par les acteurs de la filière, l’offre atteindra un niveau plus important en janvier et février, avec l’arrivée de volumes conséquents de pommes de terre produites dans les régions sahariennes.
A. G.
Marché de la pomme de terre : l’agriculture saharienne attendue à la rescousse
