Zone franche commerciale de Tindouf : la porte de l’Algérie vers l’Afrique de l’Ouest s’ouvre avant fin 2026

C’est l’un des chantiers les plus attendus de la stratégie algérienne d’exportation. Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a annoncé que la zone franche commerciale de Tindouf sera réceptionnée avant la fin de l’année en cours. Devant le Conseil de la nation, lors d’une séance de questions orales présidée par Azouz Nasri, il a présenté ce projet comme un levier pour faire grimper les échanges avec la Mauritanie et, plus largement, avec l’Afrique de l’Ouest, au profit des exportations nationales.

Étendue sur 200 hectares, la zone avait vu sa première pierre posée en 2024 par le président Abdelmadjid Tebboune, aux côtés de son homologue mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Le ministre a affirmé que les travaux sont entièrement terminés. Installé près du poste frontalier, le site réunit six grands entrepôts, de vastes espaces d’exposition, un centre de contrôle des marchandises et une base de vie. Il abrite aussi une administration qui regroupe les services des douanes, des banques et des assurances, ainsi que des infrastructures de sécurité et un centre de santé. L’idée est d’offrir aux opérateurs économiques un environnement complet, où tout se règle sur place.Reste l’étape administrative.
Un projet de décret exécutif, qui créerait un établissement public chargé de gérer les zones franches, se trouve actuellement au Secrétariat général du Gouvernement.

Kamel Rezig a assuré que son département travaille avec tous les secteurs concernés pour finaliser la livraison définitive et mettre l’infrastructure en exploitation effective. Son ambition est d’en faire un espace commercial et logistique de premier plan, de nature à renforcer la compétitivité des opérateurs et la présence économique du pays sur le continent. Le ministre a replacé ce projet dans la stratégie nationale de développement des exportations, qui repose sur trois axes. Il s’agit d’améliorer les infrastructures dédiées, de faciliter la vie des entreprises exportatrices et d’élaborer des plans spécifiques pour les filières jugées prioritaires, à savoir l’agroalimentaire, la pharmacie, les dispositifs médicaux, la pétrochimie, les mines et les services numériques et technologiques. Les chiffres avancés témoignent d’une dynamique réelle.

En 2025, le Fonds spécial pour la promotion des exportations a reçu 3 900 dossiers d’exportateurs qui souhaitaient voir prise en charge une partie de leurs frais de participation aux manifestations économiques internationales et de transport. Les exportations hors hydrocarbures ont gagné environ 972 millions de dollars par rapport à 2024 pour atteindre 5,16 milliards de dollars à la fin de 2025.
La datte illustre bien cette progression. Ses exportations sont passées de 78,06 millions de dollars en 2024 à 98,32 millions en 2025. Au premier semestre de 2026, elles s’élèvent déjà à près de 75,04 millions, soit plus des trois quarts du total de l’année précédente en six mois seulement.

Le ministre y voit une évolution positive notable, signe du dynamisme de la filière.Interrogé sur l’équilibre entre protection de la production nationale et approvisionnement des entreprises en matières premières, Kamel Rezig a indiqué que l’alimentation des industriels se poursuit au rythme de leurs besoins croissants. Il a reconnu que les importations de la filière plastique ont augmenté au premier semestre, tout en précisant que cette branche n’est pas soumise, en règle générale, aux mesures d’organisation des importations, sauf cas exceptionnels qui exigent des dispositions particulières pour préserver la production locale. Les programmes prévisionnels, qu’il s’agisse d’importations destinées au processus de production ou à la revente en l’état, sont traités selon les procédures en vigueur, a-t-il ajouté.

Samira G.