Regarder les forêts d’en haut, plus tôt et plus longtemps, c’est le pari que fait la Direction générale des forêts (DGF) pour la saison à venir. Lors d’une conférence de presse consacrée au bilan opérationnel de l’été 2026, tenue hier mardi avec la Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale et la Protection civile, Saïd Fritas, sous-directeur chargé de la protection du patrimoine forestier, a annoncé que son administration entendait se doter de 140 drones produits en Algérie, afin de les mettre en service dès la prochaine campagne.
Cette commande s’appuie sur une première expérience jugée concluante. La DGF a déjà acquis 35 appareils, dont 20 de type «Aurès 700», conçus par l’Établissement de développement et de production des systèmes de technologie avancée, rattaché au secteur des fabrications militaires. Répartis entre les différentes wilayas, ils ont été confiés à des agents formés pour l’occasion, au nombre de 85.
Les 140 drones à venir seront du même type, a précisé le responsable, ce qui permettrait de multiplier par plusieurs fois la flotte actuelle sans changer d’outil ni de méthode.
Pour Said Fritas, cet effort s’inscrit dans une démarche plus large, celle d’intégrer les technologies modernes à la surveillance des forêts, avec des équipements de détection et de suivi au service de la prévention comme de la lutte contre les incendies. L’été 2026 en a d’ailleurs porté d’autres exemples, à commencer par le système de télédétection LIDAR, employé pour repérer les départs de feu et suivre leur évolution, ainsi qu’un dispositif d’alerte précoce mis au point par une startup algérienne, « Basseer ».
Entre capteurs, drones et alertes, la défense des forêts algériennes se joue de plus en plus sur les écrans avant de se jouer sur le terrain, et l’industrie nationale y trouve, au passage, un débouché de choix.
L. L.-E
Feux de forêt : 140 drones algériens attendus pour la prochaine saison
