Le front Polisario a exprimé son opposition au nouveau projet de résolution américain concernant le Sahara occidental, estimant que celui-ci risque de remettre en cause les fondements du processus de
règlement conduit par les nations unies. Le mouvement avertit qu’une adoption du texte sans modifications substantielles pourrait compromettre sa participation aux négociations politiques.
Dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité, Sidi Mohamed Ammar, représentant du Front Polisario auprès de l’ONU et coordinateur avec la MINURSO, a rappelé que la mission onusienne avait été créée en 1991 par la résolution 690, dans le cadre d’un plan de règlement prévoyant un référendum d’autodétermination. Le Polisario considère que l’avenir de la mission ne peut être discuté sans tenir compte de son mandat initial et des principes internationaux relatifs à la décolonisation.
Des critiques sur les orientations du projet américain
L’ancien diplomate algérien Ammar Belani estime que le projet américain privilégie la proposition marocaine d’autonomie sous souveraineté du Maroc, au détriment des autres options permettant au peuple sahraoui de décider de son avenir. Selon son analyse, cette approche risque de limiter les négociations à une solution définie à l’avance. Il critique également la possibilité de consulter des composantes de la société sahraouie en dehors du cadre du Front Polisario, considérant que cette démarche pourrait affaiblir son rôle dans le processus politique.
Le représentant du Polisario en Espagne, Baba Laroussi, dénonce pour sa part toute modification du mandat de la MINURSO qui écarterait le référendum. Il estime qu’un tel changement toucherait à la raison même de la création de cette mission. Au cœur de cette controverse se trouve donc la question du règlement du conflit : le projet américain est contesté par ses détracteurs, qui craignent qu’il ne réduise les possibilités de choix du peuple sahraoui. Le Front Polisario appelle à préserver le cadre des Nations unies afin de parvenir à une solution politique juste et durable.
Malik M.
