Après les salons, le clic. L’Agence nationale de gestion du microcrédit prépare une plateforme en ligne qui permettra à ses bénéficiaires de vendre directement aux consommateurs. Baptisée Angem Market, elle est encore en phase d’enrichissement et doit ouvrir d’ici à la fin de 2026. Invitée ce lundi de l’émission «L’Invité du jour» sur la Chaîne 3, la directrice générale, Souad Bendjemil, y voit le prolongement naturel des salons locaux et nationaux, qui offrent une exposition précieuse mais ponctuelle. L’enjeu est de donner aux produits fabriqués en Algérie un débouché durable, ouvert toute l’année. L’agence s’appuie sur un bilan solide. En 2025, elle a financé 22 000 projets, à l’origine d’environ 23 000 emplois selon sa dirigeante, avec une attention particulière pour les femmes, les jeunes et les habitants des zones rurales.
Un million de dinars pour passer à l’acte
Le dispositif repose sur deux formules. L’une finance l’achat de matières premières, de 100 000 à 250 000 dinars dans les zones du Sud. L’autre soutient le lancement d’une activité et peut atteindre un million de dinars pour s’équiper en machines et en outils professionnels. Il suffit d’être algérien et majeur, sans limite d’âge, et de maîtriser le métier envisagé. Les candidats qui n’ont pas de justificatif peuvent être orientés vers les chambres de l’artisanat ou les structures agricoles pour obtenir une qualification.
Mme Bendjemil insiste sur le fait que l’accompagnement ne s’arrête pas au financement et qu’il est entièrement gratuit. Présente dans les communes, les daïras et les 69 wilayas, l’agence va au contact des porteurs d’idées pour leur proposer des projets adaptés aux ressources de leur région.
Des formations en éducation financière et en gestion de microentreprise les aident ensuite à séparer les dépenses du foyer de celles de l’activité, avant un suivi qui vise la pérennité de chaque projet.
L’agriculture, les services et l’artisanat concentrent l’essentiel des demandes. L’Angem tient surtout à ce que les métiers d’art se transmettent aux plus jeunes, en les mariant au commerce électronique et à un conditionnement plus soigné.
Cap sur la modernisation et l’export
Pour bâtir cet écosystème, l’agence a signé des conventions avec la Chambre nationale de l’artisanat, Algérie Poste, Algérie Télécom et plusieurs universités, dont certaines accueillent des bureaux dédiés aux étudiants. L’horizon s’élargit aussi à l’étranger. Présente pour la quatrième fois au salon de Milan, l’agence a également testé l’appétit des acheteurs en Mauritanie et dans d’autres pays africains. Quinze exposants envoyés en Allemagne ont tout vendu. Vêtements traditionnels revisités, savons artisanaux, confitures naturelles, huiles et gâteaux du terroir ont particulièrement séduit.
Pour transformer l’essai, l’Angem veut désormais travailler la qualité, le design et la normalisation, et forme ses cadres en ce sens avec la Banque mondiale et l’Organisation internationale du travail.
A. G.
