L’autorité nationale indépendante des élections a entamé l’étude des dossiers de candidature aux élections des assemblées populaires communales et de wilaya, prévues le 28 novembre 2026.
Les délais de dépôt des déclarations collectives de candidature ont expiré jeudi 8 octobre.
Reste maintenant à vérifier que chaque dossier remplit les conditions légales et réglementaires.
Des listes difficiles à boucler
Les partis et les listes indépendantes ont eu du mal à présenter des candidats dans les 1 541 communes et les 69 wilayas du pays.
La désaffection est inédite, en particulier chez les jeunes, les universitaires et les femmes.
Plusieurs milieux politiques en attribuent une part aux écartements prononcés lors des dernières législatives pour soupçons de corruption ou de liens avec l’argent sale.
Beaucoup d’éventuels candidats redoutent d’être éliminés, ou de voir leur réputation entachée, à cause de relations ou de rumeurs qui pourraient surgir pendant l’examen de leur dossier.Le défaut d’envie de se présenter ne tient pas qu’à ces craintes juridiques.
Selon plusieurs lectures politiques, il traduit aussi une confiance érodée chez certains citoyens dans l’utilité du vote, et le sentiment que les assemblées locales disposent de pouvoirs trop limités pour répondre aux attentes du quotidien.
Le président Abdelmadjid Tebboune a lui-même reconnu cette réticence, surtout chez les jeunes. Il les a appelés à prendre leurs responsabilités et à s’impliquer dans la gestion des affaires publiques, estimant que l’engagement politique doit commencer à la commune, se poursuivre à l’assemblée de wilaya, puis mener au Parlement ou à d’autres fonctions.
Des règles qui inquiètent, des assouplissements et un numéro pour chaque liste
La loi organique relative aux élections cristallise une partie des tensions entre l’Autorité et les partis.
Elle exclut les candidats connus du public pour leurs liens avec des milieux d’affaires douteux, ou pour une influence, directe ou indirecte, sur le libre choix des électeurs et le bon déroulement du scrutin.
Pour plusieurs formations, cette rédaction ne définit pas assez précisément ses critères d’application et laisse la porte ouverte à des interprétations variables, donc à un manque de lisibilité sur les motifs d’acceptation ou de rejet des dossiers.
Les quotas pèsent aussi lourd. Les jeunes doivent représenter au moins la moitié des candidats d’une liste, et les femmes au moins un tiers. Face à la difficulté de réunir assez de profils, l’Autorité a accepté les listes qui n’ont pas atteint le tiers de
candidates.
Les élus locaux sortants, élus en 2021 sous l’étiquette d’un parti, peuvent par ailleurs se présenter cette fois sous les couleurs d’une autre formation.
Autre précision apportée par l’Autorité, chaque parti ou alliance de partis se voit attribuer un numéro entre 1 et 100, distribué dans l’ordre croissant selon le nombre de listes déposées à l’échelle nationale.
Les listes indépendantes reçoivent les numéros à partir de 101 pour les communales et de 201 pour les wilayas, selon la circonscription et la date de dépôt.
Ce numéro figurera sur le bulletin de vote officiel ainsi que sur les panneaux d’affichage des candidatures, afin de garantir clarté et transparence pour les électeurs.
Lotfi L.-E.
