Retour définitif : Le nouveau mode d’emploi de la voiture importée

Longtemps réclamée par la communauté algérienne établie à l’étranger, la possibilité de rentrer définitivement au pays avec une voiture d’occasion plutôt qu’un modèle neuf est désormais
une réalité.
Depuis le 1er janvier 2026, la loi de finances autorise le dédouanement en franchise d’un véhicule de moins de cinq ans dans le cadre du certificat de changement de résidence.

Mais ce geste d’ouverture s’accompagne de restrictions nouvelles, notamment l’exclusion totale du
diesel, qui ont fini par redessiner en profondeur les règles du jeu depuis le début de l’année.
L’article 127 de la loi de finances 2026 a modifié l’article 202 du code des douanes, qui régit les avantages accordés aux Algériens de retour définitif. Alors que seul le 9 était toléré jusqu’à fin 2025, le texte admet désormais un véhicule neuf ou âgé de moins de cinq ans.

Le point de départ du décompte n’est ni la date d’achat ni celle de l’embarquement, mais celle de l’entrée effective de la voiture sur le territoire algérien. Une voiture qui souffle ses 5 bougies pendant le transport perd donc le bénéfice de la mesure. Ce régime ne s’applique qu’aux Algériens immatriculés au consulat qui reviennent s’installer durablement, pas aux résidents qui importent un véhicule par leurs propres moyens.

Le diesel définitivement écarté.
Seules trois catégories de véhicules restent éligibles. Pour une voiture de tourisme, l’essence, l’électrique ou l’hybride essence électrique sont désormais seules acceptées, avec une cylindrée limitée à 1 800 cm³.
Les utilitaires jusqu’à 5,950 tonnes et les deux roues immatriculés complètent la liste.
Le diesel, jusqu’alors toléré jusqu’à 2 000 cm³, disparaît totalement du dispositif, y compris pour les hybrides qui l’associeraient à une batterie.

Cette exclusion n’a pas été immédiate. Un sursis avait été accordé aux véhicules diesel neufs achetés avant le 1er janvier 2026, sur présentation de justificatifs, à la demande de plusieurs ressortissants ayant déjà passé commande.
Ce délai transitoire s’est achevé le 30 juin, et depuis le 1er juillet, plus aucun véhicule diesel n’est admis sous ce régime.

Le certificat de changement de résidence n’est délivré qu’à des candidats remplissant plusieurs conditions cumulatives. Il faut avoir plus de 19 ans, être immatriculé à titre principal au consulat, justifier d’un séjour ininterrompu de plus de trois ans à l’étranger, n’avoir jamais bénéficié du dispositif auparavant, et rentrer effectivement de façon définitive.

Un couple marié ne peut ainsi ramener qu’une seule voiture en franchise, puisqu’un seul certificat est délivré par foyer. Mieux vaut également attendre la notification officielle de l’accord avant d’acheter le véhicule, certains consulats déclinant toute responsabilité en cas d’achat anticipé.
Le dossier doit réunir la carte grise au nom du bénéficiaire, la facture d’achat, le certificat de conformité européen et un contrôle technique valide. La franchise reste plafonnée à dix millions de dinars pour la majorité des bénéficiaires, et huit millions pour les étudiants et stagiaires.

Ne pas confondre avec le régime des résidents
Ce dispositif ne doit pas être confondu avec celui, distinct, qui permet aux résidents en Algérie d’importer un véhicule de moins de trois ans tous les trois ans. Les critères diffèrent sensiblement selon les bénéficiaires, la fiscalité applicable et la fréquence d’utilisation possible.
Face à la multiplication des fiches consulaires parfois obsolètes, mieux vaut s’en tenir au texte de la loi de finances 2026 et faire confirmer sa situation directement auprès de son consulat.

Anais G.