La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé lundi dernier les Vingt-Sept à muscler l’opération navale «Aspides» en mer Rouge, réclamant des navires de guerre et des moyens aériens supplémentaires face à la multiplication des menaces pesant sur le trafic maritime dans la région.
Dans une lettre adressée le 19 septembre aux gouvernements européens, Kaja Kallas a dressé un constat sans détour.
La situation en mer Rouge se détériore, avec des conséquences directes sur les intérêts européens et l’économie mondiale. Les attaques menées par les Houthis, souligne-t-elle, continuent de frapper le commerce international.
Si l’opération «Aspides» apporte une contribution significative à la protection de la navigation et à la sécurité de la zone, l’intensification des menaces impose désormais un renforcement de ses capacités navales et aériennes pour qu’elle puisse remplir pleinement sa mission.
Cette initiative intervient alors que l’Union européenne examine, à la demande de l’Italie, l’envoi de navires et d’avions supplémentaires dans la région, dans le but de mieux protéger les navires commerciaux transitant par le détroit de Bab-el-Mandeb, l’un des passages maritimes les plus stratégiques reliant la mer Rouge au golfe d’Aden puis à l’océan Indien. L’enjeu dépasse largement la seule sécurité navale.
Ce corridor concentre une part considérable des flux commerciaux mondiaux, et la dégradation de la situation sécuritaire a déjà poussé plusieurs compagnies de transport maritime à revoir leurs itinéraires.
Pour Bruxelles, la persistance des menaces dans la zone menace autant les chaînes d’approvisionnement que le commerce international et l’économie du continent.
Malik M.
Détroit de Bab el-Mandeb : Bruxelles répond à l’appel de Rome
