Le président libanais Joseph Aoun a fixé trois conditions essentielles à l’ouverture du dossier du désarmement du Hezbollah, dans des déclarations qui révèlent une convergence frappante entre la position officielle de la présidence et les revendications que le parti lui-même formule depuis des années.
Lors d’un dîner organisé en son honneur et en celui de la délégation libanaise par l’ambassadrice du Liban à Washington, Lisa Johnson Hamadeh Maouad, Joseph Aoun a affirmé que le désarmement demeurait possible, à condition qu’une volonté politique sincère se manifeste.
Il a insisté sur le fait que la réalisation de cet objectif dépendait de trois conditions fondamentales : la fin de l’occupation de l’entité sioniste des territoires libanais, le déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire national, et le lancement d’un programme de reconstruction géré exclusivement par l’État, sans ingérence extérieure.
Or ces trois exigences reprennent, presque terme à terme, l’argumentaire que le Hezbollah oppose depuis des années à toute discussion sur son arsenal : le parti a toujours conditionné le débat sur ses armes au retrait de l’entité sioniste des points litigieux et à la cessation des incursions et frappes sioniste régulières sur le sol libanais, considérant que tant que ces menaces persistent, la question de la défense du pays ne saurait relever de l’armée seule.
En articulant ses propres conditions autour de la souveraineté, de la sécurité et de la reconstruction, le président libanais reprend ainsi, sur le fond, la grille de lecture défendue par le Hezbollah, même si les deux parties continuent de s’opposer sur le calendrier et les modalités.
Devant plusieurs membres du Congrès américain et des responsables de l’administration Trump, Joseph Aoun a martelé que le Liban ne pourrait connaître la sécurité et l’unité qu’à travers un État unique et une armée unique, chargée de protéger tous les Libanais sans distinction. Il a ajouté que le modèle libanais, fondé sur la liberté, le pluralisme et l’État de droit, méritait d’être préservé, non seulement pour le Liban, mais comme message d’espoir pour l’ensemble du Moyen-Orient et du monde. De son côté, l’ambassadrice libanaise à Washington a souligné que la visite du président Aoun traduisait la solidité des relations entre le Liban et les États-Unis, et renforçait une coopération bilatérale au service des aspirations du peuple libanais à la souveraineté, à l’unité territoriale, à la sécurité et à la stabilité.
Malik M.
Proche orient: Les conditions de Aoun au désarmement rejoignent les revendications historiques du Hezbollah
