Iran-Ukraine: Les États-Unis mènent une double négociation

La Genève internationale s’apprête à devenir, ce mardi, le théâtre d’une intense séquence diplomatique placée sous le signe des crises mondiales. Selon des informations rapportées par Reuters, des délégations américaines doivent mener des négociations distinctes mais rapprochées dans le temps, d’abord avec l’Iran, puis conjointement avec la Russie et l’Ukraine.
Cette double échéance, qui se déroulera dans la journée, illustre la volonté de l’administration Trump de traiter sur plusieurs fronts les principaux dossiers brûlants de la politique étrangère.
La première réunion, prévue mardi matin, verra une délégation américaine face à des diplomates iraniens.
La composition de la délégation américaine est particulièrement remarquable : on y trouvera Steve Witkoff, émissaire américain et homme d’affaires proche de Donald Trump, mais surtout Jared Kushner, gendre et ancien conseiller principal du président.
La présence de Jared Kushner, architecte reconnu des accords d’Abraham, signale une possible tentative de sortir du simple cadre de la confrontation pour explorer des discussions plus larges.
Bien que les détails précis des discussions n’aient pas été divulgués, ce rendez-vous s’inscrit dans le contexte de la politique de «pression maximale» menée par Washington contre Téhéran.
Les sujets de discussion pourraient inclure le programme nucléaire iranien, les activités régionales de l’Iran, ou encore le sort des ressortissants américains détenus.
Après-midi : le trio de l’Est pour une ébauche de paix
L’après-midi, Steve Witkoff et Jared Kushner enchaîneront avec un exercice diplomatique tout aussi
délicat : des discussions trilatérales réunissant des représentants russes et ukrainiens.
Cette configuration est plus rare. Si des médiations ont eu lieu par le passé (notamment en Turquie ou en Biélorussie), la tenue de pourparlers directs entre les belligérants sous l’égide des États-Unis, en Suisse, marque une évolution potentielle.
Les objectifs de cette réunion restent flous : s’agit-il d’une première exploration en vue d’un futur cessez-le-feu, d’une discussion sur des échanges de prisonniers, ou encore d’un dialogue sur la sécurité des infrastructures critiques ?
Le choix de Genève comme lieu de ces deux rendez-vous n’est pas anodin.
La Suisse, puissance protectrice des intérêts américains en Iran et dotée d’une longue tradition de bons offices, offre un cadre neutre et discret, propice aux discussions informelles et aux avancéesdiplomatiques.
Cette double séquence démontre que l’équipe de Donald Trump, souvent perçue comme transactionnelle et imprévisible en matière de diplomatie, tente d’engager le dialogue sur des dossiers où les canaux officiels étaient jusqu’ici gelés. La présence de Jared Kushner, qui a conservé des liens avec de nombreux acteurs internationaux, suggère une approche où les relations personnelles et les intérêts pragmatiques priment sur la diplomatie traditionnelle.
L’issue de ces deux rendez-vous genevois sera scrutée de près par la communauté internationale, alors que les crises ukrainienne et iranienne continuent de peser lourdement sur la stabilité mondiale.
Malik M.