Rabat–Le Caire: Un report révélateur de tensions latentes

Les relations entre le Maroc et l’Égypte traversent une zone de turbulences. Le report sans nouvelle date de la haute commission mixte, qui devait se tenir au Caire, alimente les interrogations sur l’état réel du dialogue entre les deux capitales. Officiellement, ce contretemps serait lié à un remaniement gouvernemental imminent en Égypte. Pourtant, plusieurs signaux laissent penser que le climat bilatéral est plus complexe. L’accord militaire signé en juin dernier entre Rabat et Éthiopie, dans un contexte de tensions persistantes autour du barrage de la Renaissance, a été diversement perçu au Caire. Cette coopération s’inscrit dans une dynamique stratégique qui ne passe pas inaperçue.Par ailleurs, le rapprochement assumé du Maroc avec Israël, notamment dans les domaines sécuritaire et militaire, redessine les équilibres régionaux.
Dans un environnement où la question palestinienne demeure sensible, cette orientation influence inévitablement les perceptions au sein du monde arabe, y compris en Égypte.Les relations commerciales ont également connu des frictions récentes.
L’instauration par Rabat de droits antidumping sur des importations égyptiennes et les tensions liées aux échanges automobiles ont laissé des traces, malgré des signes d’apaisement affichés par les milieux
économiques. Si les deux parties affirment vouloir poursuivre leur coopération, notamment dans l’énergie et l’industrie, le report de cette rencontre de haut niveau reflète une conjoncture diplomatique marquée par des repositionnements stratégiques et des équilibres régionaux en mutation.