Al’occasion de la Journée internationale de la main rouge, dédiée à la lutte contre l’utilisation d’enfants soldats, l’ONU tire la sonnette d’alarme face à l’ampleur dévastatrice des recrutements forcés dans les zones de conflit. Malgré des avancées notables, des milliers d’enfants continuent d’être privés de leur enfance. « Le recrutement et l’utilisation d’enfants demeurent parmi les violations les plus répandues et les plus dévastatrices », a déclaré Vanessa Frazier, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés.
Selon les données vérifiées par les Nations Unies, plus de 7 400 enfants ont été enrôlés par des forces armées ou des groupes armés en 2024 seulement. Un chiffre glaçant qui, comme le souligne Mme Frazier, ne représente que les cas documentés, la réalité étant probablement bien plus sombre. Face à ce constat, l’organisation rappelle que la lutte contre ce fléau repose sur deux piliers indissociables : la prévention et la protection. « L’un des atouts de notre mandat est notre capacité à négocier directement avec les groupes armés pour la remise des enfants », a expliqué la Représentante spéciale. Cette stratégie de dialogue a porté ses fruits : au cours des trois dernières décennies, plus de 220 000 enfants ont pu être libérés. Mais l’action de l’ONU ne s’arrête pas à la sortie des camps. Une fois libérés, ces enfants sont pris en charge par l’UNICEF et ses partenaires. « Nous œuvrons à leur réinsertion, en veillant à ce qu’ils bénéficient d’un soutien psychosocial, d’un accès à l’éducation et de la possibilité de retrouver leur enfance », a précisé Vanessa Frazier.
L’éducation, un bouclier contre l’enrôlement
La spécialiste a insisté sur un point crucial : le rôle protecteur de l’école. Dans les régions déchirées par la guerre, l’éducation n’est pas seulement un droit, c’est une barrière vitale contre l’exploitation. « C’est pourquoi nous insistons sur le fait que, même en temps de guerre et de conflit armé, les enfants doivent rester scolarisés. Lorsqu’ils sont déscolarisés, ils deviennent très vulnérables au recrutement, qu’il soit forcé ou non », a-t-elle conclu, appelant la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour maintenir les enfants dans les salles de classe plutôt que de les voir tomber entre les mains des groupes armés.
Malik.M.
Enfants soldats:7 400 recrues en 2024, l’ONU s’inquiète

