La directrice générale du Fonds dénonce des coupes budgétaires «abruptes» et des «choix impossibles» face à la multiplication des conflits, de la famine et des violences
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a lancé mardi un cri d’alarme : plus de 200 millions d’enfants, répartis dans plus de 130 pays, auront besoin d’une aide humanitaire en 2026. Une situation qualifiée par l’institution de «crise mondiale d’une ampleur sans précédent».
Devant le conseil d’administration de l’UNICEF, sa directrice générale Catherine Russell a dressé un tableau glaçant : «La situation humanitaire à laquelle sont confrontés les enfants aujourd’hui est parmi les plus graves que nous ayons jamais connues.» Conflits armés, chocs climatiques à répétition, instabilité économique chronique et inégalités galopantes se conjuguent pour former un cocktail dévastateur.
L’environnement mondial, a-t-elle expliqué, «est devenu de plus en plus difficile pour les enfants, avec des besoins qui explosent et des ressources qui s’amenuisent, dans un contexte de remise en cause du multilatéralisme et de l’aide internationale».
Parmi les sujets d’inquiétude majeurs, Catherine Russell a mis en lumière «la hausse record des violences contre les enfants».
L’année écoulée a en effet enregistré le plus grand nombre jamais documenté de violations graves : meurtres, enlèvements, violences sexuelles. Jamais, depuis que l’UNICEF tient ce triste compteur, la barbarie n’avait atteint de tels sommets.
Autre signal d’alerte, et non des moindres : la famine a refait surface en 2025, avec la déclaration simultanée de deux famines dans le monde. Une situation «sans précédent et profondément alarmante», selon la directrice, qui contraint les humanitaires à arbitrer entre des vies.
Car dans le même temps, les caisses se vident. Catherine Russell a dénoncé des coupes budgétaires «abruptes et sévères» qui forcent les acteurs de terrain à «faire des choix impossibles» quant aux populations à secourir en priorité. La santé maternelle et infantile, pourtant «priorité centrale» affichée, n’est pas épargnée.
Cataracte : 47 millions d’aveugles faute d’une opération de 15 minutes
L’OMS tire la sonnette d’alarme : la moitié des 94 millions de malades dans le monde n’ont pas accès à l’intervention chirurgicale la plus efficace et la plus simple qui soit
Hier mercredi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a révélé un chiffre qui donne le vertige : plus de 47 millions de personnes sont aveugles ou gravement malvoyantes à cause de la cataracte, alors qu’une simple opération de quinze minutes suffirait à leur rendre la vue.
Cette opacification progressive du cristallin, qui brouille la vision jusqu’à entraîner la cécité, touche aujourd’hui 94 millions d’êtres humains.
Avec le vieillissement de la population mondiale, le nombre de cas ne cesse de croître. «L’opération de la cataracte est l’un des actes médicaux les plus efficaces qui existent», insiste l’OMS.
Quinze minutes sous le bistouri, un rétablissement immédiat, des résultats durables. Dans les pays riches, cette intervention est devenue si courante qu’on en oublie presque son caractère miraculeux. Pourtant, la moitié de ceux qui en auraient besoin n’y ont
jamais accès. «C’est une injustice sanitaire majeure», déplore Stuart Keel, responsable technique des soins oculaires à l’OMS. «Nous disposons d’une solution technique parfaitement maîtrisée, peu coûteuse, et pourtant elle reste hors de portée pour des centaines de millions de personnes.» Le contraste est saisissant. En Afrique, trois personnes sur quatre nécessitant une opération de la cataracte ne sont toujours pas prises en charge.
Au Kenya, avertit Stuart Keel, si rien ne change, 77% des malades finiront leur vie aveugles.Partout sur le continent, les inégalités se doublent d’une discrimination silencieuse : les femmes ont systématiquement un accès aux soins plus limité que les hommes, alors qu’elles sont souvent les plus exposées.
Malik M.
Répartis dans plus de 130 pays: L’UNICEF alerte sur une «crise sans précédent» pour 200 millions d’enfants dans le monde

