L’UNESCO a lancé une plateforme numérique innovante, le «Navigateur des Sites», un système d’information géographique (SIG) destiné à renforcer la protection et la gestion des sites classés au Patrimoine mondial, des réserves de biosphère et des géoparcs à l’échelle globale.
Cet outil interactif, accessible via le Centre du patrimoine mondial, permet de visualiser avec précision les limites officielles des sites, d’intégrer près d’une quarantaine de jeux de données satellitaires et géospatiales, et de générer des alertes automatisées quotidiennes et hebdomadaires sur divers risques : incendies de végétation, séismes, tsunamis ou perturbations de la couverture végétale.
Pour un pays au patrimoine aussi riche et diversifié que l’Algérie, cette plateforme offre un levier stratégique inédit pour une conservation anticipative et une gestion territoriale éclairée.
Elle permet aux décideurs et aux conservateurs de mieux appréhender les pressions environnementales et anthropiques, et de planifier des interventions de protection fondées sur des données objectives et actualisées. L’Algérie compte sept biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, un témoignage exceptionnel de son histoire millénaire et de la diversité de ses paysages.
Cette liste prestigieuse inclut des sites archéologiques majeurs comme Timgad, Tipaza, la Kalâa des Béni Hammad, la Vallée du M’Zab avec ses ksour caractéristiques, ainsi que les parcs culturels du Tassili n’Ajjer et de l’Ahaggar, véritables musées à ciel ouvert d’art rupestre.
Le Centre historique d’Alger, la Casbah, complète ce patrimoine culturel vivant.
Financé par des fonds multilatéraux, dont ceux de la Flandre et des Pays-Bas, le «Navigateur des Sites» s’inscrit dans une démarche globale visant à renforcer la gestion intégrée des sites à valeur universelle exceptionnelle et à améliorer l’accès aux données géospatiales officielles pour les États membres.
La mise en service de cette plateforme marque une étape cruciale dans l’adoption des technologies numériques au service de la préservation du patrimoine.
Pour l’Algérie, cet outil arrive à un moment pertinent, alors que de nombreux sites, qu’ils soient déjà classés ou en cours de candidature, font face à des défis complexes tels que l’érosion, les pressions urbaines ou les effets du changement climatique.
Il constitue un appui précieux pour surveiller, analyser et protéger ces joyaux irremplaçables, garants de la mémoire et de l’identité de la nation
Amina S.
Patrimoine de l’humanité: L’UNESCO déploie une sentinelle numérique

