Pharmacie:Duel syndical sur la réalisation des analyses médicales

La question de l’autorisation des examens de biologie médicale dans les pharmacies oppose fermement deux syndicats, relançant un débat de fond sur l’organisation des soins et l’accès aux diagnostics en Algérie.

Le SALAM réclame l’exclusivité légale
Le Syndicat algérien des laboratoires d’analyses médicales (SALAM) adopte une position intransigeante, s’appuyant sur la loi pour revendiquer l’exclusivité de ces actes. Il cite l’article 251 de la loi relative à la santé, qui réserve expressément la réalisation des examens contribuant au diagnostic aux seuls laboratoires de biologie médicale et d’anatomopathologie agréés. Toute pratique en dehors de ce cadre, notamment en pharmacie, est selon lui strictement illégale.
Le syndicat rappelle que cette interprétation
a fait consensus lors d’une réunion au ministère de la Santé en octobre 2023, bénéficiant du soutien du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.
Il estime que toute dérogation constituerait une menace grave pour la santé publique et la sécurité des patients, et promet de mobiliser tous les moyens juridiques pour s’y opposer.

Le SNAPO défend un droit acquis et un service de proximité En réponse, le Syndicat national des pharmaciens privés (SNAPO) conteste cette lecture et défend un droit qu’il estime acquis depuis 1976. Il affirme que la réunion de 2023, souvent invoquée, a été interrompue et n’a produit aucun procès-verbal officiel engageant les parties. Le syndicat met en avant le rôle essentiel des pharmacies, souvent seuls points d’accès aux soins dans les zones isolées. Il juge déraisonnable d’obliger les patients à parcourir des centaines de kilomètres pour des analyses de base, comme la glycémie, que les pharmaciens effectuent à un prix symbolique depuis des décennies.
Le SNAPO souligne que la loi n’interdit pas cette activité, mais cherche à l’organiser, et que la formation académique du pharmacien l’y prépare.

Un bras de fer aux enjeux multiples
Ce conflit dépasse la simple rivalité professionnelle. Il touche à des enjeux cruciaux : la sécurité sanitaire
et la qualité des analyses, l’équité d’accès aux soins sur tout le territoire, et la définition même des compétences attribuées à chaque corps de métier de la santé. La balle est désormais dans le camp des autorités sanitaires, qui devront trancher ce différend en clarifiant le cadre légal et en tenant compte à la fois de l’impératif de qualité et des besoins de proximité des citoyens.
A. G.