Logements AADL 3:Appels parlementaires pour adapter l’aide de l’État

L’annonce des prix des logements «AADL 3» et du montant de la première tranche a déclenché un débat vif au sein de l’Assemblée populaire nationale, plusieurs députés jugeant ces coûts inaccessibles pour une large partie des citoyens et exigeant une révision de l’aide publique.
Les premiers versements ont été fixés à 343 000 dinars pour les F3 et 431 500 dinars pour les F4, des sommes qualifiées de socialement inadaptées par des élus.
Le député Nabil Rahich a directement interpellé le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour demander une révision à la hausse de l’aide financière, plaidant pour une prise en compte de la «réalité sociale». Il a souligné que de nombreux souscripteurs, souvent issus des classes moyennes et déjà confrontés aux charges d’un loyer, ont été «choqués» par les mensualités proposées, disproportionnées par rapport à leur pouvoir d’achat.
Dans une question écrite au ministre de l’Habitat, Mohamed Tarek Belaribi, Rahich a proposé de porter l’aide publique de 70 à 100 ou 110 millions de centimes, à l’instar de la revalorisation récemment accordée au logement rural. Cet ajustement aurait pour but de rapprocher les prix finaux de ceux de l’«AADL 2» et de préserver la vocation sociale du programme.Cette position est partagée par d’autres parlementaires. Ben Cherif Mohamed Mounir a également interrogé le ministre sur la possibilité d’augmenter l’aide de la Banque nationale de l’habitat à 120 millions de centimes, arguant que cette subvention n’a pas été révisée depuis des années. Il a aussi soulevé la question d’un étalement ou d’une réduction de la première tranche. Pour sa part, le député Walid Skellouli a proposé une approche différenciée selon les revenus.
Il suggère de créer deux catégories : les souscripteurs aux revenus compris entre 24 000 et 50 000 dinars, qui bénéficieraient de modalités de paiement allégées, et ceux gagnant plus de 50 000 dinars, qui assumeraient des taux proportionnels à leurs capacités. Cette mesure viserait à incarner le principe de justice sociale et à soulager les foyers les plus vulnérables. Face à cette pression parlementaire, le ministre de l’Habitat a déjà annoncé une première mesure d’apaisement : la division de la première tranche en deux échéances, accordant ainsi aux souscripteurs un délai supplémentaire ne dépassant pas trois mois pour régler leur dû. Les débats se poursuivent, cristallisant les tensions entre les impératifs économiques du plus grand programme de logement de l’histoire algérienne et la nécessaire préservation de son caractère social et accessible.
Anais G.