300 femmes tuées en deux jours:La communauté internationale face à l’horreur au Darfour-Nord

Le drame humanitaire qui se déroule à El-Fashir, capitale du Darfour-Nord, suscite une onde de choc mondiale. Selon la ministre d’État soudanaise au Bien-être social, Salma Ishaq, les Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans un conflit sanglant avec l’armée soudanaise depuis avril 2023, ont tué 300 femmes en seulement deux jours après leur entrée dans la ville le 26 octobre dernier.
La ministre a dénoncé des actes d’une violence inouïe : agressions sexuelles, tortures, humiliations et exécutions sommaires perpétrés contre des femmes et des civils sans défense.
Elle a qualifié ces atrocités de nettoyage ethnique systématique, soulignant que le silence de la communauté internationale équivaut à une complicité tacite.
La route reliant El-Fashir à Tawila est désormais surnommée «la route de la mort», tant les risques d’enlèvements, de violences et d’exécutions y sont élevés. Des familles entières restent piégées dans la ville, exposées à des violations massives des droits humains.
Le pape Léon XIV a exprimé sa profonde tristesse face aux nouvelles tragiques en provenance du Darfour. Lors de la prière de l’Angélus, il a dénoncé les violences aveugles contre les femmes et les enfants, les attaques contre les civils et les entraves à l’aide humanitaire. Il a lancé un appel solennel à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés.
De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a fait état de témoignages glaçants : exécutions de blessés dans les hôpitaux, viols systématiques, massacres de civils.
L’ONU alerte sur un risque de génocide, rappelant les sombres souvenirs des années 2000 au Darfour.
Depuis le début du conflit en avril 2023, le Soudan a sombré dans le chaos : plus de 20 000 morts, 15 millions de déplacés internes et réfugiés, et une crise humanitaire que l’ONU qualifie de pire au monde actuellement. Face à cette tragédie, l’urgence est absolue.
La communauté internationale est appelée à sortir de son inertie, à condamner fermement les crimes commis et à agir pour protéger les civils, rétablir la paix et garantir la justice .
Amine S.