Lundi matin, un geste hautement symbolique a été posé à Saint-Denis, en France : le drapeau palestinien a été hissé sur la façade de l’hôtel de ville. Le maire de la commune a affirmé que cette initiative visait à réaffirmer la position de la France en faveur de la reconnaissance officielle de l’État de Palestine.
Il a dénoncé les «massacres quotidiens» à Ghaza, qualifiant la situation de «malheureuse et horrible», et a appelé à des sanctions européennes contre Israël. Ce geste s’inscrit dans une dynamique diplomatique mondiale.
Plusieurs pays, dont Malte, le Luxembourg, la France, la Nouvelle-Zélande, l’Arménie, la Belgique, Saint-Marin et Andorre, devraient annoncer leur reconnaissance officielle de l’État palestinien lors de la conférence en cours. Cette vague de reconnaissance fait suite à celle de quatre pays, la Grande-Bretagne, le Canada, le Portugal et l’Australie, qui ont officialisé leur position la veille, portant à 153 le nombre d’États membres des Nations Unies reconnaissant la Palestine.
À Londres, le drapeau palestinien a été hissé au-dessus du bâtiment de l’ambassade palestinienne, en présence de diplomates et de représentants politiques. L’ambassadeur de Palestine au Royaume-Uni, Husam Zomlot, a salué cette reconnaissance comme «une nouvelle étape vers la liberté», affirmant qu’après «un siècle de déni», le Royaume-Uni choisit enfin de reconnaître l’État palestinien.
Il a qualifié ce moment d’«historique», porteur de vérité et de rejet du génocide, de l’occupation et de l’effacement de l’identité palestinienne. Zomlot a également évoqué l’arrivée prochaine à Londres de 34 étudiants palestiniens originaires de Ghaza, venus poursuivre leurs études malgré les épreuves de la guerre, de la faim et de la peur. «Ils incarnent l’esprit de la Palestine et son avenir», a-t-il déclaré, soulignant leur rôle dans la construction d’un futur prometteur.
Cette reconnaissance britannique intervient en parallèle de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, et s’accompagne d’une mobilisation populaire en Europe.
En Italie, des grèves, blocages et manifestations ont éclaté dans plusieurs villes pour dénoncer le génocide à Ghaza et réclamer des sanctions contre l’entité sioniste.
À Rome, des centaines de lycéens ont brandi des drapeaux palestiniens devant la gare Termini, scandant «Palestine Libre !». Des actions similaires ont eu lieu à Milan, Turin, Florence, Naples, Bari, Palerme, Gênes et Livourne, où des dockers ont bloqué les quais portuaires. Selon un sondage de l’institut «Only Numbers», 63,8% des Italiens jugent «gravissime» la situation humanitaire à Ghaza, et 40,6% soutiennent la reconnaissance de l’État palestinien. Ce mouvement international, diplomatique et populaire, marque un tournant dans la lutte pour la reconnaissance de la Palestine, et témoigne d’un élan de solidarité face à une tragédie humaine qui ne cesse de mobiliser les consciences .
Sabrina G.
La Palestine hissée haut: L’Europe entre reconnaissance et résistance
