La visite de Barrot, hier à Alger, a permis de poser toutes les questions sur la table Alger et Paris actent la fin de la crise Entre l’Algérie et la France, une nouvelle page s’ouvre. La visite, hier, du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, à Alger, à l’invitation de son homologue algérien, Ahmed Attaf, a définitivement scellé la réconciliation déjà amorcée lors de l’appel téléphonique Tebboune-Macron du 31 mars après 8 mois de crise diplomatique.
Après des entretiens élargis aux membres des deux délégations, entre les deux ministres des Affaires étrangères, Barrot a été reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour des échanges «approfondis, francs et constructifs dans la droite ligne de l’échange entre les présidents Macron et Tebboune», rapporte l’AFP, citant une source diplomatique. Les discussions, ajoute la même source, se sont concentrés sur «les sujets régionaux et la relation bilatérale y compris les sujets migratoires ». En clair, tout a été abordé pour qu’enfin la page de la crise déclenchée depuis juillet 2024, soit tournée définitivement. Ce sont d’ailleurs les mots du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, au sortir de son audience que lui a accordée le Président Tebboune. «J’ai pris une décision avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune pour reprendre tous les aspects de la coopération », a-t-il lancé, ajoutant que la France veut «tourner la page des tensions avec l’Algérie». Et d’ajouter : «L’Algérie a promis de donner une nouvelle impulsion aux entreprises françaises ». L’agroalimentaire, l’automobile et le transport maritime, étaient au menu et le président Tebboune «m’a assuré de sa volonté de leur donner une nouvelle impulsion », a expliqué Barrot.
Comme quoi, l’économie a bien été au centre des discussions, et la France a senti qu’Alger n’était pas vraiment tenu de traiter avec Paris pour survivre. En somme, la visite de Barrot en Algérie a contribué à aplanir les choses et a permis aux deux parties de mettre toutes les cartes sur la table. Pour l’avenir, il n’y aura pas de déclarations qui sortent du cadre. Les deux pays traitent d’égal à égal. «Nous vivrons une nouvelle phase avec une relation égalitaire avec l’Algérie », adit le ministre français des Affaires étrangères. Par ailleurs, Jean-Noël Barrot a précisé que sur le plan sécuritaire, les « contacts entre les services de renseignement » des deux pays « reprennent », annonçant une « réunion des plus hauts responsables de la sécurité est désormais actée », pour discuter notamment du Sahel. Dans le domaine juridique, « une reprise du dialogue entre nos deux pays », devra avoir lieu, a-t-il enchainé, Sur la lancinante question migratoire, il dira qu’elle sera « traitée dans le cadre des accords existants via les procédures normales et fluides de la coopération consulaire. ». Loin donc des menaces et des déclarations incendiaires de Retailleau, ministre français de l’Intérieur. Sur le plan mémoriel, les contacts ont «repris entre les historiens français et algériens de la commission mixte », a poursuivi Berrot, en révélant que le président Tebboune lui a «confirmé que l’historien Benjamin Stora était invité à venir à Alger pour poursuivre le travail sur les restitutions des objets culturels. »
Quand au cas de Boualem Sansal, condamné à 5 ans de prison ferme, Barrot s’est contenté de dire : « J’appelle de mes vœux, comme l’a fait le président Macron auprès du président Tebboune, un geste d’humanité en vue de son âge et en vue de son état de santé ».
Farid B.
La visite de Barrot, hier à Alger, a permis de poser toutes les questions sur la table: Alger et Paris actent la fin de la crise
