4 300 mercenaires pour assassiner le Soudan: Révélations sur le camp secret des Émirats en Éthiopie

Des images satellite révèlent un camp militaire financé par Abu Dhabi en Éthiopie, où près de 4 300 combattants des Forces de soutien rapide sont entraînés. Une ingérence massive que Khartoum dénonce comme un acte de guerre.
C’est une tache sombre dans les montagnes verdoyantes de Benishangul-Gumuz, à quelques kilomètres de la frontière soudanaise.
Rien sur les cartes officielles ne signale la présence d’une base militaire. Pourtant, les images satellite de Reuters sont formelles : un camp secret, ultra-structuré, abrite en ce moment même près de 4 300 combattants des Forces de soutien rapide. Parmi eux, des Éthiopiens, des ressortissants du Soudan du Sud. Et à la tête de cette machine de guerre, un parrain discret mais omniprésent : les Émirats arabes unis.
Autour de la localité de Menji, les travaux d’expansion ont connu une accélération spectaculaire ces dernières semaines. 650 nouvelles tentes ont été érigées en un temps record. Sur l’aéroport voisin d’Asosa, un centre de contrôle au sol pour drones de combat a été construit.
Des infrastructures dignes d’une armée régulière. Selon plusieurs sources concordantes – un haut responsable gouvernemental éthiopien, une note des services de sécurité et une dépêche diplomatique – le camp a été entièrement financé par Abu Dhabi. Les Émirats ont également fourni des formateurs militaires et un soutien logistique de bout en bout.
Plus accablant encore : des camions arborant le logo d’une société émiratie ont été aperçus à de multiples reprises sur le site. Pour l’armée soudanaise, le dossier est sur la table depuis des mois.
Mais ces révélations apportent la preuve tangible d’une ingérence émiratie massive, continue et parfaitement organisée.
Le gouvernement soudanais dénonce un soutien direct et criminel aux milices qui massacrent son peuple. Ce n’est plus de la diplomatie parallèle, ce n’est plus du soutien discret. C’est une agression armée, un acte de guerre délibéré.
En finançant et en armant ouvertement une milice combattante sur le territoire d’un État souverain, les Émirats violent frontalement la Charte des Nations unies, la Charte de la Ligue arabe, l’Acte constitutif de l’Union africaine et les résolutions du Conseil de sécurité sur la non-ingérence. Mais à Abu Dhabi, le droit international semble n’être qu’un chiffon de papier.
Le camp de Menji continue de s’agrandir. Les drones continuent de survoler la frontière. Les mercenaires continuent d’affluer vers le Soudan.
Pendant ce temps, la communauté internationale observe, compte ses morts, et ne fait rien. Parce que les Émirats sont trop riches, parce qu’ils achètent les silences, parce que le sang soudanais ne pèse pas lourd face aux contrats et aux accords de défense.
M. M.