20 ports bloqués pour Ghaza: Grève historique des dockers en Méditerranée

Une vague de grèves coordonnées a frappé plus de vingt ports de la Méditerranée, menée par les syndicats portuaires en solidarité avec la Palestine et contre le génocide en cours à Gaza.
Les dockers dénoncent également la privatisation et la militarisation croissantes des infrastructures portuaires. Ils préviennent que cette mobilisation n’est qu’un début : demain, elle pourrait s’étendre à l’ensemble du secteur logistique, puis à d’autres branches productives.
Cette action internationale s’inscrit dans une longue histoire de solidarité des dockers avec le peuple palestinien, mais aussi dans leurs propres combats sociaux. Les syndicats dénoncent un double standard flagrant : des milliards investis par les États européens dans le réarmement, tandis que les politiques d’austérité dégradent les conditions de travail, la sécurité sur les quais et les services publics.
Avant même le déclenchement de la grève, plusieurs navires transportant du fret militaire vers Israël ont dû modifier leurs itinéraires, preuve de l’impact concret de la mobilisation.
Des foyers de lutte en Grèce, Turquie et Italie
Des foyers de lutte se sont affirmés en Grèce, en Turquie et en Italie, donnant à la mobilisation une dimension internationale. En Turquie, le syndicat Liman-İş a rassemblé des centaines de dockers pour dénoncer explicitement le génocide et afficher une solidarité sans équivoque avec la Palestine.
En Grèce, les travailleurs portuaires ont mis en lumière l’incohérence d’une Union européenne qui finance l’escalade militaire tout en imposant des coupes budgétaires mettant en péril la vie des travailleurs. Damianos Voudigaris, du syndicat ENEDEP, a rappelé que « le progrès, c’est rentrer chez soi vivant », soulignant que les ports doivent rester des lieux de travail et non des plateformes de guerre.
L’Italie, véritable épicentre de la mobilisation, a vu plus d’une douzaine de ports paralysés. Dockers, agents portuaires, étudiants et militants ont convergé dans des actions massives, brandissant drapeaux palestiniens et cubains. L’Unione Sindacale di Base a appelé le mouvement syndical européen à adopter une ligne clairement internationaliste face aux politiques de l’Union européenne et du gouvernement de Giorgia Meloni. À Trieste, Bari et Ravenne, les manifestants ont dénoncé la privatisation et l’utilisation des infrastructures portuaires pour l’acheminement de matériel militaire ou à double usage, renforçant ainsi le caractère politique et social de cette grève.
Le collectif CALP a revendiqué le blocage total du port de Gênes, donnant une dimension internationale à la mobilisation. Les dockers ont insisté : cette journée n’est qu’un prélude.
Après les ports, c’est toute la logistique, puis l’ensemble des secteurs productifs qui pourraient être paralysés si les gouvernements persistent à ignorer leurs revendications.
La Fédération syndicale internationale a apporté son soutien officiel au mouvement, reprenant le slogan devenu central : « Les dockers ne travaillent pas pour la guerre ».
Cette grève intervient dans un contexte de regain de mobilisation internationale, un jour après l’annonce par la Global Sumud Flotilla d’une nouvelle mission humanitaire vers Gaza, prévue le 29 mars depuis Barcelone, avec des escales méditerranéennes et des convois terrestres vers Rafah. Ensemble, ces initiatives traduisent une dynamique de solidarité qui dépasse le cadre militant pour toucher au cœur des flux économiques et logistiques.
Malik.M.