Conflit au Moyen-Orient: Plus de 32 millions de personnes menacées de basculer dans la pauvreté

Selon un avertissement sans précédent publié lundi dernier par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les répercussions économiques du conflit qui embrase le Moyen-Orient pourraient plonger plus de 32 millions d’êtres humains supplémentaires dans la pauvreté à travers le monde. L’institution onusienne précise que ce sont les pays en développement qui paieront le plus lourd tribut à cette crise, déjà porteuse d’une instabilité généralisée.
Dans un rapport détaillé rendu public ce lundi, le PNUD dresse un tableau alarmant de la conjoncture mondiale. L’économie planétaire est confrontée à ce que les experts qualifient de «triple choc» : une perturbation majeure des marchés de l’énergie, une flambée des prix alimentaires et un ralentissement brutal de la croissance économique.
Le conflit en cours au Moyen-Orient, prévient l’agence onusienne, «compromet gravement les acquis fragiles réalisés en matière de développement dans le monde».
L’impact de cette dégradation, ajoute le rapport, devrait varier sensiblement selon les régions, mais aucune zone ne sera totalement épargnée. Face à cette situation critique, le PNUD ne se contente pas d’alerter. Il propose une mesure concrète et chiffrée : la mise en place, dans les pays en développement, de transferts financiers ciblés et temporaires à destination des populations les plus vulnérables.
Le coût de cette initiative d’urgence est estimé à près de 6 milliards de dollars, une somme que l’institution juge modeste au regard de l’ampleur des dégâts humains qu’elle permettrait d’éviter.
Le directeur du PNUD, Alexander De Croo, a mis en garde contre les conséquences durables du conflit. «Les effets à long terme de cette guerre seront particulièrement ressentis dans les pays les plus pauvres, où de nombreuses familles risquent de retomber dans une pauvreté dont elles étaient parvenues à sortir», a-t-il déclaré.
Selon lui, l’absence d’une riposte internationale rapide et coordonnée pourrait anéantir des années, voire des décennies, d’efforts en matière de réduction de la pauvreté et de développement humain.
De Croo a également insisté sur l’urgence d’une solidarité mondiale. Il a appelé les États membres, les institutions financières internationales et les bailleurs de fonds à unir leurs forces pour soutenir les économies les plus exposées aux contrecoups du conflit. «Une réponse internationale coordonnée n’est pas seulement souhaitable, elle est indispensable pour éviter une catastrophe sociale à l’échelle planétaire», a-t-il martelé.
Le rapport du PNUD rappelle, en filigrane, que les guerres modernes ne tuent pas seulement sur les champs de bataille : elles détruisent des moyens de subsistance, déstabilisent des chaînes d’approvisionnement entières et fragilisent des nations entières qui n’ont pourtant aucune part dans le conflit. À moins d’une action rapide et résolue, ce sont des dizaines de millions de vies qui pourraient basculer dans la précarité la plus absolue.
Malik M.